ACTIS se lance dans l’enseignement privé en Afrique Version imprimable
18-07-2017
Le marché de l’enseignement privé va-t-il lui aussi connaître une grande croissance dans les années à venir sur le continent africain? C’est en tout cas le pari de la société ACTIS, un géant britannique de la finance, avec son programme Honoris.
Le fonds d’investissement ACTIS a mis les petits plats dans les grands à Londres pour annoncer la création de la première plateforme d’enseignement privé sur le continent africain. Pour son démarrage, le réseau est constitué de sept établissements dont la majorité sont implantés au Maroc et en Tunisie. «Avec un investissement à hauteur de 250 millions de dollars, nous avons investi de manière à ce que chaque étudiant puisse bénéficier d’un enseignement de qualité», affirme Rick Phillips, cadre au sein du fonds d’investissement britannique ACTIS.

Le défi de l’enseignement privé
Face à cette démographie toujours élevée qui devrait faire augmenter chaque année le nombre d’inscrits dans les facultés du continent, le défi de la scolarisation et de l’insertion des jeunes sur le marché de l’emploi est de taille. À l’instar du Kenya qui enregistre un taux de chômage de 17% parmi sa population active, dont 70% de jeunes selon les chiffres communiqués par le gouvernement kényan, «nous espérons en réalité ne pas être le seul réseau d’enseignement privé sur l’ensemble du continent, car la demande est trop exponentielle. Nous comptons près de 27 000 étudiants représentant 40 nationalités. C’est une fierté, car elle traduit notre volonté de faire émerger le programme Honoris United au niveau de l’ensemble du continent», affirme Hichem Oumezzine, codirecteur du département éducation monde au sein d’ACTIS.

L’enseignement privé face aux difficultés de l’insertion professionnelle
Face à la réalité de l’augmentation croissante du nombre d’étudiants en Afrique conjuguée au taux de chômage encore parfois élevé, ACTIS pourrait bien ne pas être le seul à se lancer dans cette bataille de l’enseignement privé. Cette forme d’instruction étant souvent considérée comme un gage de qualité auprès des parents, des entreprises mais aussi auprès des jeunes. «Ce que j’aime par-dessus tout dans ma formation en journalisme, c’est cette possibilité de concilier à la fois ma vie estudiantine et mon parcours professionnel. Je peux être en stage toute l’année et si l’entreprise a des besoins, je peux appeler mon école la veille pour leur signaler mon absence le lendemain. C’est un système pédagogique souple à condition que cela ne me perturbe pas dans la préparation aux examens», affirme cette étudiante tunisienne qui bénéficie actuellement du programme Honoris qui a aussi un coût élevé. «Nous proposons des formations qui vont jusqu’à Bac+5 pour des métiers également manuels. Nous avons aussi des programmes de formation autour de la communication, du journalisme, de la comptabilité. Une année peut coûter minimum 1 000 euros». La formation a donc un coût élevé, même si du côté de la direction du programme on précise qu’un système de bourse au mérité aurait également été mis en place pour permettre aux étudiants les plus modestes de pouvoir accéder à ces formations.

Rudy Casbi
 
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