Addis-Abeba : Plaidoyer pour la mise en place d’une assurance maladie pour tous Version imprimable
05-02-2017
Réunis à Addis-Abeba au siège de l’Union africaine, du 1er au 3 février, les chirurgiens africains regroupés au sein de l’Association panafricaine des chirurgiens (APAC-PAAS) ont clôturé les travaux de leur session par l’adoption d’un plan global relatif au développement des soins chirurgicaux dans les zones rurales et semi-urbaines.
Mettant en exergue la déclaration de l’Assemblée générale de la santé des Nations unies de mai 2015 sur la chirurgie et l’anesthésie, les chirurgiens africains ont conclu que 5 milliards de personnes, soit 70% de la population mondiale, n’ont pas accès aux soins chirurgicaux et à l’anesthésie dans les pays en voie de développement, dont les 2/3 vivent dans le continent africain. L’Association panafricaine des chirurgiens africains, en sa qualité de partenaire stratégique de l’Union africaine, tire la sonnette d’alarme à travers un plaidoyer qui précise en des termes clairs que : «Ce constat s’avère être un frein à tout développement économique, social des pays africains», où les populations vivent avec un revenu insignifiant.

En effet, au terme de leurs travaux, les experts chirurgicaux africains réunis trois jours durant ont mis en place une équipe chargée de la formation et de la recherche en «Global Surgery». Ils ont établi, entre autres, les données statistiques et les besoins réels par région et par pays en «Global Surgery», défini une stratégie du renforcement des capacités humaines en «Global Surgery» et plaidé pour l’augmentation des ressources financières par pays à l’amélioration des soins de santé et en «Global Surgery» grâce aux renforcements des infrastructures et des équipements des centres de référence au niveau primaire et secondaire en recommandant aux États l’approbation de la garantie d’acceptation à l’accessibilité aux soins pour tous par la mise en place dans tous les pays africains d’une assurance maladie pour tous.
Les formations sanitaires sont conçues pour soigner et guérir les malades. Cependant, de nos jours, il est apparu qu’elles sont installées sur le continent dans des lieux pas accessibles aux populations des zones rurales. «Comment soigner les populations rurales éloignées des villes»? Tel est le défi que se proposent les chirurgiens africains.Les objectifs du millénaire pour le développement (OMD) n’étaient pas atteints en 2015 en Afrique : la question de la santé pour tous demeure un des défis majeurs pour les pouvoirs publics et les organisations savantes.
Au cours de cette conférence internationale, il est clairement établi que les difficultés de la chirurgie rurale en Afrique sont les suivantes : la formation et l’engagement des chirurgiens, le cadre administratif du service public, l’insuffisance des infrastructures dans les hôpitaux ruraux, les dilemmes cliniques particuliers auxquels il faut faire face 24/24, le manque de ressources financières, ainsi que les problèmes sociaux qui vont de pair avec la vie en milieu rural. Il y a néanmoins de nombreuses solutions pragmatiques à toutes ces difficultés et l’adage selon lequel «la nécessité est la mère de l’invention» s’applique tout le temps. C’est dans ce contexte que les chirurgiens africains recommandent aux États de mettre en place une politique de santé publique fiable capable de permettre à court, moyen et long terme l’accès aux services sanitaires modernes dans les zones rurales pour favoriser une prise en charge des patients qui, dans l’urgence, ne peuvent pas atteindre les centres de santé urbains.

Les politiques sont de plus en plus interpellés, car la préoccupation largement exprimée de maintenir l’offre de soins et de développer l’offre médicosociale est un enjeu majeur pour les États et leurs partenaires sociaux, les professionnels de santé et les habitants.
La moitié de la population africaine vit actuellement dans les zones rurales ou reculées, mais les personnels de santé, pour la plupart, vivent et travaillent dans les villes. Ce déséquilibre affecte la quasi-totalité des pays et pose un problème majeur pour les prestations de services de santé au niveau national. Les pays à faible revenu payent toutefois le tribut le plus lourd. Deux raisons à cela : un grand nombre d’entre eux souffrent déjà d’une pénurie aiguë de personnels de santé, tous les domaines confondus, et la proportion de la population vivant en zone rurale a tendance à être plus importante dans les zones rurales.

Ainsi, l’accessibilité des populations rurales aux soins de santé est un sujet d’actualité, car dans de nombreux pays en développement, les personnes vivant en milieu rural éprouvent des difficultés pour pouvoir bénéficier de soins médicaux appropriés. Selon le professeur Hervé Yangni Angate, l’inaccessibilité aux services trouve ses origines dans la faiblesse des politiques d’aménagement appliquées dans les régions rurales. Des programmes de développement ont été initiés depuis l’Indépendance dans le domaine de la santé publique. Ils ont permis d’avoir des résultats notables. Mais au fil des années, en raison de l’insuffisance des ressources financières et des personnels techniques spécialisés, la question de la santé est devenue préoccupante, particulièrement en milieu rural.

Pour pallier ce déficit qui constitue un véritable frein au développement, les chirurgiens africains regroupés au sein de la PAAS ont lors de la déclaration finale aux termes des travaux de leur conférence internationale plaidé pour un renforcement des capacités et pour l’élaboration d’une politique fiable de santé publique qui place la question de la chirurgie et de l’anesthésie au centre du développement des centres de santé qui doivent être accessibles aux populations rurales.

Rodrigue Fénelon, Addis-Abeba
 
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