Afrique : Affres du transport et du commerce Version imprimable
04-01-2017
Les entraves au commerce et au transport interafricain constituent un lourd handicap pour le développement du continent. Aux contraintes structurelles viennent se greffer des pratiques peu amènes d’agents et forces de l’ordre aux frontières. Amère expérience au poste de Rosso Mauritanie…
En Afrique de l’Ouest, les dessertes point à point sont si rares que les Béninois désireux de se rendre au Ghana voisin sont obligés d’aller jusqu’en Côte d’Ivoire pour bifurquer de nouveau vers leur destination finale. Pire, il est arrivé à certains passagers de remonter dans une capitale européenne pour rallier une autre capitale africaine… Tous ces désagréments freinent la croissance de transactions que tout appelle, l’Afrique vivant une période particulière dans son développement.

Relativement au transport routier, la jonction Tanger-Lagos et au-delà a été louée par de nombreux puristes. Dans la réalité, sur une portion entre Nouakchott, capitale de la Mauritanie, et la dernière ville frontalière de Rosso sur le fleuve Sénégal, excepté une soixantaine de kilomètres, il y a tout sauf une route! Même les tout-terrains les plus solides peuvent rendre l’âme sur une telle voie parsemée de nids de poules, de ravins, d’énormes blocs de pierre, sans indication aucune et loin d’être balisée!

Sur le fleuve Sénégal, le paradoxe des deux Rossos


Si jamais le commerçant étranger arrive à destination avec ses marchandises à Rosso-Mauritanie, tant la route est dangereuse, il lui reste à surmonter une quadruple barrière! Celle qui consiste à payer le ferry pour la traversée – signalons que le Sénégal ne dispose pas de bacs sur cette traversée du fleuve éponyme, les deux, battant pavillon mauritanien – en suite la fouille des gendarmes, suivie de celle de policiers et enfin de préposés de douane. A chaque étape, il faut payer 1 000 MRO (ouguiyas) souvent sans reçu. Pour les piétons, qui doivent franchir une porte, puis franchir les 3 étapes distantes de quelques mètres seulement, excepté les reçus de 4 tickets piétons pour le Bac facturés 500 MRO, l’étranger doit payer 1 000 MRO, après une fouille minutieuse jusqu’à lui demander son porte-monnaie et vider tout – je dis bien tout – et sans reçu! Vu les départs espacés du bac, souvent, les piétons embarquent dans des pirogues de fortune, non écopées et sans gilets de sauvetage, et donc n’utilisent même pas ces billets. Au grand étonnement de tous, le Sénégal n’a pas de ferry pour assurer la traversée, répondent des responsables interrogés et qui attirent l’attention sur le drapeau mauritanien qui flotte sur les deux embarcations, ou évoquent la construction d’un hypothétique pont sur ces quelque 500 m qui séparent Rosso-Sénégal de Rosso-Mauritanie!

Un transport aérien souverain


En attendant que les compagnies aériennes nationales étoffent leurs flottes respectives pour faire du point à point du Maroc à l’Afrique du Sud, sans chasse gardée ou monopole, l’aérien reste plus professionnel. Le ciel africain est désert d’avions… il y a encore de la place pour des vols sur 3 h ou 4 h… Oumtounsy de Nouakchott, récemment inauguré, se trouve certes à une quarantaine de kilomètres de la capitale mauritanienne, mais dévoile un visage moderne et est piloté par des professionnels. Il est néanmoins vrai que même ceux qui sont exemptés de visas et qui préfèrent passer par les airs doivent payer 5 euros une autorisation de séjour valable sur une durée de 3 mois…

Malheureusement, le cas dévoilé ici sur cet axe Mauritanie-Sénégal est loin d’être isolé. Un peu partout, des tracasseries et des tentatives d’extorsion de fonds sont déplorées sur des routes souvent de très mauvaise qualité et qui n’ont pas été réaménagées ou élargies depuis des décennies, face à un parc automobile qui enfle…

Daouda MBaye, rédacteur en chef
 
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