Afrique : Banque Centrale et taux d’inflation Version imprimable
11-05-2017
Quatre raisons pratiques poussent une banque centrale à abandonner momentanément le ciblage d’un certain taux d’inflation.
La première raison est celle qui a poussé la banque centrale à initier le ciblage de l’inflation. Quand la banque constate que le taux d’inflation sur une certaine période continue de baisser, celle-ci peut décider de ne pas augmenter ses taux. Soit elle maintient son taux directeur à un niveau antérieur, soit elle le réduit pour donner une petite poussée à l’activité économique. Dans le cas du Ghana, la nouvelle baisse des taux d’intérêt vient en réponse à une baisse de l’inflation. Celle-ci est, en effet, en chute sur une période de près de cinq mois consécutifs. Le taux le plus récent (avril 2017) est aux alentours de 12,8%, le plus bas depuis septembre 2013. Ceci est donc la preuve que la politique monétaire mise en place par les autorités ghanéennes pour lutter contre l’inflation est en train de porter les fruits. Le tableau ci-dessous confirme la baisse de l’inflation.


En choisissant de réduire le taux d’intérêt en dépit de sa politique de taux d’inflation ciblée à 8%, la banque centrale du Ghana initie indirectement sa flexibilité. Les autorités ghanéennes ne semblent plus opter en effet pour le fameux 8% qui, selon elles, est le taux cible à moyen terme. Sur le court terme, cependant, la cible de 11,5% serait atteinte avant la fin de l’année 2017. La dernière baisse du taux d’inflation (12,8%) n’a pas incité la banque centrale à réduire ses taux nominaux.

Redynamiser la croissance par un retour des investissements privés
Une autre raison incitant la banque centrale à réduire son taux nominal proviendrait d’une requête des entreprises. Quand le monde des entreprises estime que le taux courant est une entrave à l’activité économique, celui-ci incite à faire pression. Selon les agents économiques, le taux d’intérêt de 25,5% serait trop élevé et découragerait les investissements. Le cycle économique peut donc pousser la banque centrale à se départir de l’inflation ciblée. La plupart des pays ayant une politique de ciblage du taux d’inflation ne se bornent pas seulement à contrôler la hausse des prix, ils veillent aussi à l’évolution d’une politique économique générale axée sur la croissance.

Accommodation de la politique fiscale
Dans le cas pratique du Ghana, la banque centrale a décidé de réduire le taux nominal pour accommoder les effets de la politique fiscale. Le gouvernement ghanéen est supposé s’engager dans un vaste programme de dépenses publiques qui pourrait indirectement rehausser le taux d’intérêt réel (effet de crowding-out). En baissant ses taux nominaux, la banque centrale ne fait qu’appliquer le concept de la politique économique mixte (politique fiscale et monétaire de nature expansionniste).

Amélioration du taux de change de la monnaie
L’autre bonne nouvelle provient du marché des changes. Depuis peu, la monnaie ghanéenne, le cedi, a arrêté son hémorragie. Elle a en effet gagné 8,5 en valeur. Lorsque la banque du Ghana adopta le ciblage du taux d’inflation, elle faisait face à une dépréciation de sa monnaie. La hausse des taux d’intérêt avait aussi pour but de relever le taux de change. La bonne tenue du cedi vis-à-vis des monnaies principales (dollar et euro) ne pourrait plus justifier la défense de cette monnaie.

La suite à lire dans le prochain numéro du magazine Les Afriques

Francis Konan
 
< Précédent   Suivant >
Toute l'actualité

Find & Fund, nouvelle plateforme de crowdfunding immobilier en France, vient d’ouvrir sa...
[La suite...]

L’Initiative nationale pour le développement humain (INDH) va au-delà de générer des emplois et des...
[La suite...]

Investisseurs et Partenaires, un fonds de financement français destiné à accompagner le...
[La suite...]

Le marché de l’enseignement privé va-t-il lui aussi connaître une grande croissance dans les années...
[La suite...]

Le mémorandum d’entente (MOU), signé vendredi dernier, entre le groupe BCP, acteur panafricain de...
[La suite...]

Désormais, aux côtés du Nigéria, du Kenya, de la Zambie, de l’île Maurice et de Madagascar, le...
[La suite...]

Autres articles
 
×
×
Votre Nom :
Votre Email :





×