Afrique centrale : La BEAC écarte toute dévaluation du franc CFA Version imprimable
12-07-2017
La Banque des États de l’Afrique centrale a catégoriquement rejeté les rumeurs d’une dévaluation «imminente» du franc CFA pour les pays membres de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cemac).
La Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC) a rejeté les rumeurs faisant état d’une dévaluation «imminente» du franc CFA au sein de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cemac). D’après les dirigeants de cette institution d’émission monétaire sous-régionale, au terme d’une session du Comité politique monétaire (CPM) de la BEAC, tenue le 11 juillet 2017 à Yaoundé, une dépréciation du franc CFA par rapport à l’euro dont la parité est 1 euro équivaut à 655 f CFA n’est pas à l’ordre du jour. La parité à la monnaie commune européenne tient compte du fait que c’est le Trésor français qui assure la convertibilité du franc CFA.

Pour le gouverneur de la BEAC, Abbas Mahamat Tolli, «les rumeurs sur la dévaluation du f CFA ont cours depuis quelque temps. Entretenues sur les réseaux sociaux et par une certaine presse, ces mesures apparaissent de manière épisodique sur la scène sous-régionale depuis le milieu des années 1990, après la dévaluation intervenue le 12 janvier 1994», a-t-il déclaré. En d’autres termes, a-t-il poursuivi, «ce phénomène n’est pas nouveau. Et, comme les autres fois, ces rumeurs sont sans aucun fondement. La spécificité aujourd’hui est que cette rumeur touche davantage la zone Cemac, en épargnant cette fois-ci la zone Uemoa (Union économique et monétaire ouest-africaine», a-t-il précisé.

Études comparatives entre 1993 et 2017
La BEAC qui a fait une étude comparative entre la situation économique en 2017 et celle qui a abouti à la dévaluation du f CFA en 1994 souligne que le taux de croissance de la Cemac en 2017 tourne autour de 0,8%, contre -0,3% en 1993. De même, le taux d’investissement est actuellement de 23,5% du PIB (produit intérieur brut) contre 18,8% avant la dévaluation, tandis que le taux d’inflation annuelle devrait se situer à 1,6% en 2017, ce qui est inférieur à la norme communautaire fixée à 3%, contre -0,4% en 1993. En outre, le compte d’opérations de la BEAC auprès du Trésor français affiche un excédent de 2 600 milliards de francs CFA en 2017, contre un déficit de 78,6 milliards fin 1993.

Des indicateurs plutôt «positifs» qui ont amené le gouverneur de la BEAC à écarter toute évaluation pour le Cameroun, la Centrafrique, le Congo, le Gabon, la Guinée équatoriale et le Tchad, d’autant que «le taux de couverture de la monnaie serait largement supérieur, se stabilisant autour de 60% en 2017, contre 14,8% en 2013, témoignant d’un coussin de réserves officielles encore confortable de près de 2 800 milliards de francs CFA en 2017, contre 165 milliards de francs CFA en 1993», a insisté Abbas Tolli.

Par ailleurs, il y a lieu de souligner qu’en moyenne, le taux de couverture extérieure de la monnaie était de 21,9% sur la période 1990-1993, contre 80,9% sur la période 2013-2016 et une prévision de 60,4% sur la période 2017-2020.

Achille Mbog Pibasso, Yaoundé
 
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