Afrique Centrale : Les jalons du corridor Congo -Tchad Version imprimable
27-06-2018
En dépit des mesures protectionnistes appliquées par certains pays, l’Afrique centrale fait face à un énorme déficit infrastructurel qui constitue un frein à l’intégration régionale et communautaire.
Ce n’est pas toujours facile pour les ressortissants des pays de la Communauté économique des Etats de l’Afrique centrale (Ceeac) de rallier un pays à un autre en utilisant la route. Au-delà de la volonté de certains pays d’outrepasser des mesures communautaires en insistant sur le maintien de la délivrance des passeports pour les citoyens intracommunautaires, la plus grande difficulté réside à l’insuffisance criarde des infrastructures de communication. Difficile donc, voire impossible de partir de l’Angola ou du Rwanda pour le Cameroun ou au Gabon par route. Situation identique pour quelqu’un qui partirait du Burundi ou de la République démocratique du Congo pour se rendre en Guinée équatoriale, à Sao Tomé et Principe ou en Centrafrique. Conséquence, l’Afrique centrale est la région la moins intégrée du continent, confesse l’Union africaine (UA).

Fort de ce constat qui constitue un frein au développement économique de la région, des Etats avec l’appui des bailleurs de fonds et des partenaires au développement à l’instar de la Banque mondiale (BM) ou de la Banque africaine de développement (BAD), multiplient des initiatives devant déboucher sur le désenclavement de l’Afrique centrale. C’est dans cette perspective que s’inscrit le projet de construction d’une route sur plus de 1.200 km, reliant Brazzaville au Congo à Ndjamena au Tchad en passant par Kinshasa en République démocratique du Congo (RDC) et Bangui et République centrafricaine (RCA). Un projet examiné le 8 mai 2018 à Brazzaville au cours d’une séance de travail entre le gouvernement congolais, des experts de Ceeac et la BAD. Objectif, construire une route moderne, un corridor transversal interconnectant quatre pays de la région dont le nom de baptême annoncé est d’ores et déjà révélé, «Corridor treize».

Amélioration des échanges économiques
Selon de fiables informations, ce projet routier rentre dans le cadre du portefeuille infrastructure du Nouveau partenariat pour le développement en l’Afrique centrale (Nepad- AC) et du Plan directeur consensuel des transports en Afrique centrale (Pdct-AC). Un projet qui devrait apporter un coup de pouce à l’intégration régionale, favoriser des échanges communautaires et booster les économies locales. La maturation du projet et le bouclage des financements ont été confiés au fonds Africa50 de Banque africaine de développement. La mission dudit fonds étant de conduire ce projet jusqu’à son financement en vue de constituer un Partenariat public-privé (PPP) avec un partenaire stratégique qui sera choisi pour la construction de l’ouvrage.

Il est évident que ce corridor permettra de décloisonner l’interconnexion des pays de la région avec non seulement une amélioration dans la circulation des personnes et des biens, mais également, une augmentation des échanges économiques et commerciaux qui se situent actuellement à moins de 5% reconnait-on au secrétariat général de la Ceeac.
Selon un récent rapport de la Conférence des Nations unies pour le commerce et le développement (Cnuced) en Afrique centrale, les axes les plus utilisés sont Douala-Bangui et Douala-Ndjamena du fait non seulement de l’existence des routes, mais davantage parce que la Centrafrique et la Tchad qui sont deux pays d’hinterland, utilisent le port de Douala comme principal point de desserte, plus de 80% du volume des marchandises destinées à l’importation et à l’exportation transitant par cette plateforme portuaire camerounaise.

Au demeurant, la multiplication des infrastructures de communication favorisera une interdépendance entre les pays de la région, et dopera les échanges commerciaux pour le grand bien des économies sous régionales.

Achille Mbog Pibasso
 
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