Afrique centrale : Vers l’interdiction des transferts de fonds aux opérateurs de téléphonie Version imprimable
03-04-2017
La Banque des Etats de l’Afrique centrale (BEAC) pourrait interdire les transferts d’argent au sein de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cemac) opérés par les sociétés de téléphonie mobile.
Depuis quelque temps, des voix s’élèvent au sein de la communauté bancaire et des sociétés de transferts de fonds assermentées pour dénoncer les transferts d’argent opérés par les opérateurs de la téléphonie mobile. Il s’agit pour les premiers de mettre fin «à la concurrence déloyale» que leur livrent les promoteurs de Mobile Money, d’autant que la montée exponentielle des transferts Money express fait chuter les rentées aux banques. Le gouverneur de la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC), Abbas Mahamat Tolli, installé dans ses nouvelles fonctions le 31 mars 2017 à Yaoundé au terme du Comité ministériel de l’Union monétaire de l’Afrique centrale (UMAC), a déclaré que cette institution d’émission monétaire pourrait interdire les transferts d’argent opérés par les opérateurs de téléphonie mobile. Il s’agit en l’occurrence de la filiale locale de la multinationale française Orange et celle du groupe sud-africain Mobile Telephon Network (MTN). «Il faut mieux assurer ça. Il y a aussi d’autres aspects qui sont liés à l’innovation technologique surtout en matière de blanchiment, d’évasion fiscale, de financement du terrorisme. Nos équipes sont à pied d’œuvre. Nous allons avoir des instruments qui tiendront compte de tous ces paramètres de manière à ce que les mauvaises pratiques soient circonscrites. Nos textes actuellement ne permettent pas que de telles opérations se fassent», a affirmé le gouverneur de la BEAC. Une telle décision rejoindrait celle de la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (Bceao) qui a interdit les transferts Money express dans cette partie du continent.

L’avenir du Mobile Money
Plusieurs observateurs et spécialistes estiment que les principaux opérateurs qui fournissent ce service, notamment Orange-Cameroun avec 2,8 millions d’utilisateurs et MTN-Cameroun avec 2,6 millions d’utilisateurs, ne sont pas habilités à le faire. Et pour cause, les licences qu’ils ont reçues du gouvernement relèvent du secteur des télécommunications alors que les activités du Mobile Money sont de la pure compétence du secteur bancaire pour lequel ils n’ont pas de licences ou d’agréments. Le gouverneur de la BEAC l’a du reste reconnu : «Vous avez des opérateurs de téléphonie mobile, sans avoir l’autorisation ou les contraintes auxquelles sont soumises les banques, font exactement l’activité des banques. Il faut mieux assurer ça», a-t-il indiqué. Ce qui, d’après des observateurs, laisse penser que la Banque centrale va «bientôt sévir» contre les opérateurs de la téléphonie mobile d’autant que dans le cadre de la lutte contre le financement du terrorisme et du blanchiment des fonds, la BEAC a décidé de se montrer plus «regardante» dans tout ce qui concerne les transferts de fonds.

Achille Mbog Pibasso
 
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