Afrique : Conférence sur les Intercultures et la paix à Marrakech Version imprimable
03-07-2017
Marrakech va accueillir, le 14 juillet 2017, la conférence sur les Intercultures et la paix, à l’initiative de l’association JamSalam, transcription de «Djam» et «Salam», respectivement paix en langue wolof et arabe, et qui sera un des temps forts du Festival Al Haouz.
JamSalam, plateforme de réflexion et d’échanges, pour la promotion du vivre-ensemble, poursuit ses actions pour encore plus de rapprochement et de paix entre les peuples. À travers le Festival Al Haouz, sur les contreforts du Haut Atlas au Maroc, elle programme, pour le 14 juillet, à Marrakech, la conférence sur les Intercultures et la paix, moment marquant devant ponctuer cette manifestation. Mouna Kadiri, co-fondatrice et secrétaire générale de JamSalam, précise que l’association incarne un plaidoyer pour le déploiement de politiques interculturelles, au nord comme au sud, d’envergure au moins équivalente à celle déployée dans les politiques de défense. Elle rappelle que cette initiative est née d’une première expérience menée en 2012 à Saint-Louis du Sénégal, à l’embouchure du fleuve Sénégal, dans le cadre de la Biennale des Arts de Dakar, non sans souligner que des rives du fleuve, un dialogue est né, jamais interrompu à ce jour. Justement, des personnalités de renom ont accepté de prendre part à ce dialogue, à l’occasion de ce moment fort que sera la conférence sur les Intercultures et la paix. Il s’agit notamment d’André Azoulay, conseiller du Roi Mohammed VI du Maroc, Ahmed Toufiq, ministre marocain des Habous et des affaires islamiques, Ousseynou Wade, homme de cultures et ancien secrétaire général de la Biennale des Arts de Dakar, Nadia Salah, directrice des rédactions du groupe Eco-Médias, administrateur de l’association JamSalam pour les Intercultures et la paix… des intervenants engagés dans la promotion de nouvelles autoroutes interculturelles et leurs gisements de richesses.

Face aux bouleversements, des solutions et des actes
Les débats tourneront autour de questionnements et d’ébauches de solutions, sur des bouleversements qui peuvent augurer de disruptions sociétales et économiques, lorsque les ignorances prospèrent. C’est de bon augure pour Mouna Kadiri qui défend que «si dans les Etats, dits occidentaux, l’on assiste à une inflation de politiques de murs, d’états d’urgence, de sécurité à outrance consacrant les protections, les fermetures sur soi, et le capital peur, par contre sous les cieux africains, de nouveaux questionnements apparaissent. De nouveaux penseurs, à l’instar d’Alain Mabanckou, de Felwin Sarr ou de la romancière Lucy Mushita, mettent de nouveaux mots, et confrontent nos responsabilités, loin des idéologies post-indépendances restées longtemps les référentiels de nombreux décideurs africains… ou encore l’historien et philosophe Achille Mbembe qui parle de «recentrement et renouveau», d’ «invention de ses propres modalités de sa présence au monde», voire «d’inspirer le monde». Elle ajoute que ces derniers défient notre responsabilité devant l’avenir et notre contribution à renouveler l’histoire à raconter.

Aujourd’hui plus qu’hier, les concepteurs de JamSalam, avec à leur tête Mohamed Mourabiti, le président de l’association (un des meilleurs peintres contemporains de sa génération et qui a participé à la résidence d’artistes JamSalam à Saint Louis en 2012) défendent «une communauté de destins, subis ou voulus, de chemins africains et euroafricains, d’histoires entremêlées, souvent méconnues, des choix irréversibles de lier nos destins d’Africains, outrepassant le dogme du Consensus de Washington – désormais quasi désuet ou insuffisant – de faire la paix par le commerce, des reconfigurations géopolitiques mondiales et du continent sans précédent, sachant que la résilience aux chocs macroéconomiques des deux dernières années est plus importante du côté de l’Asie du Sud-Est et de l’Afrique que des États-Unis ou de la Chine, d’après Africa Outlook Report 2017, AfB, OCDE, UN. Mais aussi, ils attirent l’attention sur les enjeux incommensurables pour la création d’emplois pour la jeunesse africaine, vu qu’un Africain sur deux sera urbain en 2030 et que la population active atteindra 1 milliard de jeunes en 2050, sur le fait que de nouvelles routes migratoires internationales et intra-africaines, ou encore de nouvelles générations aux affaires, avec de nouveaux logiciels de prise de décision. Autant de chamboulements qui imposent de nouvelles questions, du style «Qu’est-ce que l’africanité? », «Comment faire la synthèse des diversités? », «Quand nous parlons plus de 2 000 langues, représenterions-nous plus de 2 000 ethnies?, dixit Bernard Lugan dans Histoire de l’Afrique, des origines à nos jours, Éd. Ellipses, 2009, «Comment réapprendre à se connaître?», «Comment comprendre et apprendre?», «Quels nouveaux regards philosophiques, sociologiques, économiques se profilent? », «Comment dessiner un avenir commun?», etc. Un programme dense en perspective, qui va susciter des débats riches.

Daouda MBaye, rédacteur en chef
 
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