Afrique : Le dividende démographique, un atout majeur Version imprimable
26-05-2017
Il n’est pas besoin de passer beaucoup de temps en Afrique, dans n’importe quelle ville, pour sentir l’énergie entrepreneuriale dans les rues. Pour ceux d’entre nous qui ont grandi sur ce continent, cela fait partie intégrante de la vie. Mais pour les visiteurs, pour qui c’est la première fois, cela peut désarçonner.
En Afrique, à chaque coin de rue, dans les magasins et dans les bureaux de chaque quartier, de jeunes entrepreneurs sont déterminés à gagner leur vie et à monter leur propre entreprise. Cette énergie et ce dynamisme ne peuvent s’expliquer que par une seule et unique raison, bien sûr. Cela vient en grande partie du fait que c’est dans le continent africain que la population est la plus jeune.

Ce dividende démographique pourrait et devrait être un immense atout pour l’Afrique. Notre population est à 60% composée de jeunes de moins de 24 ans, et cette proportion ne cesse de croître.

D’ici 2050, notre continent comptera près de 500 millions de personnes sur le point ou ayant tout juste débarqué sur le marché du travail. Leur talent et leur enthousiasme peuvent être le moteur qui fera accélérer le développement africain.

Regardez la façon dont les jeunes Africains adoptent et s’adaptent à la technologie, pour leur propre usage et pour créer de nouvelles opportunités commerciales. Lagos est une ville que je connais très bien, et c’est un pôle extraordinaire de start-up technologiques. D’autres centres similaires émergent sur tout le continent.

On observe la même créativité dans de nombreux autres secteurs, dont celui des biens de grande consommation, des services financiers et de la santé. Pour un continent qui n’a pas enregistré de création d’emploi malgré des PIB récemment en forte hausse, cette créativité devrait conduire à la fois au développement et à plus d’emplois.

Mais trop souvent, l’impact n’a pas été à la mesure, souvent à cause de barrières comme, très fréquemment, un manque de financement. De bonnes idées sont abandonnées à cause d’un manque d’argent, et des start-up à succès ne trouvent pas les ressources dont elles ont besoin pour se développer.

Sur chaque continent, les petites et moyennes entreprises se plaignent de difficultés à trouver des financements, et souvent à raison. Mais les entrepreneurs africains ont davantage de raisons de se plaindre que la plupart d’autres étrangers.

Pourquoi donc? Dans de nombreuses régions du continent, les services bancaires sont moins développés ou pas encore arrivés à maturité. Les risques de prêt peuvent être plus difficiles à évaluer. La rivalité pour accéder à un financement est plus forte, car les gouvernements empruntent également. Ils sont considérés comme des clients plus sûrs, et sont donc préférés au secteur privé. Si un prêt est disponible, les taux d’intérêt sont élevés.

C’est pourquoi on entend souvent les entrepreneurs africains dire que le seul financement qu’ils ont obtenu et qui leur a permis de réussir provient de leur famille et de leurs amis. Peu importe la qualité de leurs idées ou la santé financière de leur nouvelle entreprise. Malgré toute cette énergie, les pays africains restent donc en bas de l’échelle mondiale en ce qui concerne l’activité entrepreneuriale.

Les difficultés rencontrées pour trouver un financement n’expliquent pas à elles seules ce résultat. Les entrepreneurs souffrent également d’un manque plus général de soutien et de formation. Les conditions nécessaires pour développer une entreprise peuvent être difficiles à trouver.

Mais d’autres régions qui se développent rapidement, comme l’Inde où TPG est très présent, ont mieux réussi à créer un environnement dans lequel les entrepreneurs peuvent prospérer. Le gouvernement indien a lancé plusieurs plans d’action pour soutenir les entrepreneurs et leur offrir des subventions, comme Startup India et Digital India.

Le point positif est qu’il est communément accepté en Afrique qu’il faut en faire davantage pour mettre à profit l’esprit entrepreneurial du continent. Les gouvernements africains, en association avec des institutions internationales comme la Banque africaine de développement, la Banque mondiale et des ONG, ont tous des projets en place.

Les capitaux privés ont aussi un grand rôle à jouer pour compléter les financements. Mais pour avoir l’impact nécessaire, cette approche doit être souple, prête à soutenir toutes les entreprises, peu importe leur taille, et ce, tout au long de leur cycle de vie. Il faut prendre en compte la vue d’ensemble ainsi que les détails, et se concentrer sur le long terme.

C’est cette approche, adaptée aux besoins des différents marchés africains, qui est au cœur des activités d’investissement de TPG Growth sur le continent. Ces véhicules d’investissement nous permettent de distribuer des capitaux de manière efficace, à n’importe quel niveau, et de construire des relations à long terme pour que nous puissions non seulement offrir un financement, mais aussi, plus largement, un meilleur soutien.

La suite à lire dans le prochain numéro du magazine.

Par Yemi Lalude, associé directeur de TPG Afrique
 
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