Afrique : Les nouveaux modèles de croissance inclusive à la 5ème FIAD de Casablanca Version imprimable
16-03-2017
La 5ème édition du Forum international Afrique Développement, axée sur «Les nouveaux modèles de croissance inclusive en Afrique», se tient depuis ce matin à Casablanca. Plus que jamais, la promotion des échanges et la coopération Sud-Sud rythment les débats.
C’est sous un chapiteau qui a refusé du monde, les retardataires ayant eu du mal à trouver des places assises, que Mohamed Kettani, PDG du groupe Attijariwafa bank et président du Club Afrique Développement, a prononcé, jeudi 16 mars 2017 à Casablanca, son discours d’ouverture de la 5ème édition du Forum international Afrique Développement (FIAD).

Cette année, le Burkina Faso est à l’honneur. Le président de ce pays, Roch Kaboré, à la tête d’une importante délégation comportant à la fois des ministres et des hommes d’affaires, a tenu à rehausser de sa présence la rencontre. Considéré comme une plateforme d’échanges autour des problématiques de l’heure pour un développement accéléré du continent, le FIAD a vu ses indicateurs aller crescendo depuis 2010 et même un peu avant lorsqu’il fut lancé, en 2008, par Mohamed Mounir Majidi, président de la holding royale Siger, comme vecteur de la nouvelle orientation africaine du groupe SNI. D’une participation de moins de 1 000 opérateurs venant d’une dizaine de pays pour moins de 1500 contacts B2B, il a atteint près de 3 000 participants venant de près d’une quarantaine de pays pour environ 5 000 contacts B2B. Le PDG du groupe Attijariwafa bank, qui n’a pas omis de le rappeler, a formulé le vœu que les rencontres de cette année soient encore plus enrichissantes et que les projets ficelés soient porteur d’avenir. Des projets tous azimuts, comprenant même un volet culturel, avec l’initiative Afrique en Capitale qui prolonge le présent Forum à Rabat, capitale du royaume. Justement, il s’est appesanti sur les grands défis du continent, dont les solutions peuvent provenir des Africains eux-mêmes.

Une Afrique qui gagne
Salaheddine Mezouar, ministre marocain des Affaires étrangères, souhaitera la bienvenue aux participants, singulièrement au président du Burkina Faso, «un pays lié au Maroc par des liens d’amitié et de fraternité, mais aussi de solidarité et de partage», selon son propos. Il a salué la tenue de la manifestation qu’il a considérée comme une nouvelle feuille de route à même de réunir ce beau monde d’institutionnels, d’opérateurs… afin d’insuffler au développement en Afrique le rythme souhaité par tous et atteindre les résultats escomptés. «L’Afrique entame un tournant, c’est le moment ou jamais de croire en nous-mêmes», a-t-il martelé. Appelant l’Afrique nouvelle, celle de l’ambition et de la détermination qui regarde vers l’avenir, donc capable d’inscrire son nom dans le monde de demain. Un univers qui, de son avis, sera impitoyable, où il n’y aura pas de place pour les faibles, parce qu’ils seront tout simplement écrasés, a-t-il ajouté. Le chef de la diplomatie marocaine a donc convoqué cette Afrique-là qui sera gagnante, compétitive et agissante face aux multiples défis de la sécurité, de la démographie, du développement économique… Autant de défis qui, du reste, sont des opportunités de progrès. Pour justifier cela, Salaheddine Mezouar a rappelé que l’Afrique est dotée d’une richesse considérable et salué le constat d’une réelle volonté de progrès auprès des différents dirigeants rencontrés au cours de ses multiples pérégrinations à travers ses différentes sous-régions. Pour lui, la condition sine qua non pour que cette Afrique avance a trait à la capacité des espaces régionaux de jouer leur rôle. C’est ce qui explique la demande d’intégration du Maroc à la Cedeao, afin d’impulser une croissance inclusive nécessaire pour booster la croissance. Pour ce faire, les différents modèles de développement devront inclure des notions de partage et être imprégnés de convictions politiques.

Oui aux espaces régionaux
Dans un discours dans la langue de Shakespeare, Meriem Bensalah, présidente de la CGEM (patronat marocain), s’est inscrite dans la même verve, saluant une telle initiative qui permet de débattre sur des sujets de l’heure mais aussi sa foi en l’Afrique. De son avis, la croissance peut être durable dans un continent qui compte 1,2 milliard d’individus, qui voit 12 millions de jeunes arriver sur le marché du travail, chaque année, où la population s’urbanise avec 70% de personnes âgées de moins de 30 ans... L’étude de la croissance africaine sur 15 ans, qu’elle a partagée avec l’auditoire, lui a permis de situer les différents points-clés sur lesquels mettre l’accent pour un développement inclusif. Il s’agirait, selon la patronne des patrons marocains, d’instaurer la bonne gouvernance, faciliter l’acte d’investir, promouvoir la concertation entre l’exécutif et le secteur privé, de réussir la révolution verte, rampe de lancement vers le développement durable et l’émergence. Meriem Bensalah n’a pas non plus occulté la promotion des échanges dans des espaces régionaux, de la PME-PMI (colonne vertébrale des économies africaines), la formation des jeunes et moins jeunes (capital humain), l’accès au foncier et l’e-commerce, dont le tremplin pourrait venir de l’e-gov et de l’accompagnement des institutionnels et du privé.

Siandou Fofana, ministre ivoirien du Tourisme, a vivement remercié le Maroc, son roi et son peuple – suite à la récente visite de plus de deux semaines – qui, encore une fois, prouvent au monde que son pays a recouvré la paix. Au chef de l’État du Burkina Faso, venu rehausser de sa présence le FIAD, il a signifié sa joie de le voir parmi les participants, et a loué sa volonté et son engagement pour le développement du continent. Convaincu qu’aucun n’a raison d’être pauvre, il a néanmoins paraphrasé le président de la BAD, soutenant que le potentiel ne se consomme pas, mais se met en valeur. Aux opérateurs et autres autorités présents, le ministre ivoirien du Tourisme a indiqué : «Nous partageons votre passion et vous soutenons dans cette quête pour le développement durable et la croissance partagée». Ce responsable ivoirien croit que le FIAD est le lieu pour s’engager pour l’Afrique en investissant dans les secteurs structurants, dans l’énergie, les routes… au sein d’économies où de profondes mutations sont à mettre en branle pour un accès au foncier réglementé, un système judiciaire refondé…

Lui emboitant le pas, Madeleine Berre, ministre gabonaise de la promotion des investissements privés, du commerce, du tourisme et de l’industrie, qui fut naguère patronne des patrons gabonais, a salué une rencontre où son pays a toujours été engagé. En phase avec la présidente de la CGEM, elle invite les décideurs à améliorer l’intégration régionale et songer à des politiques régionales plus qu’à celles locales, unilatérales et protectionnistes. Revenant sur les perspectives de la BAD en termes de populations et de marchés, avec plus d’un milliard d’habitants actuellement, une population qui sera doublée à l’horizon 2050, soit le tiers de la population mondiale, il est temps de relever ce défi auquel l’Afrique fait face maintenant. Dans son pays, où une plateforme de dialogue public-privé, initiée depuis le 7 mars, pour durer pendant 5 semaines, l’heure est à la diversification de l’économie à la refonte du système dans sa globalité, en concertation avec les opérateurs, a-t-elle conclu.

Un tremplin au business
Mouna Kadiri, directeur du Club Afrique Développement, groupe Attijariwafa bank, maître d’œuvre de la rencontre, auscultera, dans un discours bilingue (anglais puis français) les avancées du FIAD, non sans rappeler ses différents objectifs. Elle s’est réjouie que le Club qu’elle dirige et qui est né l’année dernière soit déjà implanté dans plusieurs métropoles du continent, à savoir Abidjan, Dakar, Douala, Pointe Noire, Tunis… Une nouvelle ouverture est annoncée prochainement à Ouagadougou, au Burkina Faso.

Aux participants, à qui elle a demandé de sortir leurs agendas, des activités et rencontres sont annoncées tour à tour à Abidjan en avril, à Bamako en juin, à Douala et à Pointe Noire en septembre, à Dakar et à Casablanca en octobre…

Notons que cette cérémonie d’ouverture a été suivie de plénières, du jeudi 16 au vendredi 17 mars, sur «Le rôle des acteurs économiques dans la création de valeur partagée en Afrique», «Urbanisation, accélération de l’inclusion sociale», ou encore «Comment accélérer l’inclusion financière», des séances en parallèle avec des rencontres B2B portant sur des interviews projets-pays. Si la première journée est clôturée par la signature d’une convention de partenariat Titrisation BOAD-Attijariwafa bank, celle du vendredi doit s’achever par la remise des Trophées de la coopération Sud-Sud, juste après une cérémonie présidée par Roch Marc Kaboré, suivi de la restitution des recommandations de la 5ème édition du FIAD.

Daouda MBaye, rédacteur en chef
 
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