Alerte Gabon : Jean Ping rejette la main tendue par Ali Bongo Version imprimable
30-09-2016
48 heures après la prestation de serment d’Ali Bongo, investi par la Cour constitutionnelle pour un nouveau mandat, Jean Ping, qui se présente comme le leader de la nouvelle majorité et le véritable président élu régulièrement par le peuple gabonais, annonce l’organisation d’une journée de recueillement, le jeudi 6 octobre prochain.
L’opposant gabonais Jean Ping est sorti de son mutisme pour délivrer devant des centaines de ses partisans réunis pour la circonstance à sa résidence un message de remobilisation.

Après avoir dénoncé «la nomination d’Ali Bongo comme président de la République, par la Cour constitutionnelle», l’opposant gabonais passe désormais à l’offensive. Il appelle «chaque Gabonais et chaque Gabonaise à une résistance active jusqu‘à la fin de la forfaiture».

L’opposant gabonais a fendu d’un communiqué dans lequel il réitère qu’il ne reconnaîtra pas «le pouvoir d’Ali Bongo» qui selon lui a les «mains souillées du sang de ses compatriotes». Pour lui, Ali Bongo a perpétré un coup d’État électoral et il est hors de question de dialoguer avec ce dernier. Il convoquera dans les prochains jours un dialogue inclusif pour créer les conditions du nouveau Gabon bâti sur les fonts baptismaux du renouveau démocratique afin de mettre un terme à la dictature militaro-politique d’Ali Bongo.

Dans un langage clair, Jean Ping a martelé : «Je ne reconnaîtrai pas ce pouvoir qui ne respecte pas les droits humains, y compris les plus élémentaires».

Il a aussi demandé aux forces de l’ordre de faire preuve de retenue, mais mieux aussi de remplir leur devoir dans le strict respect de la déontologie en «évitant tout dérapage et toute atteinte aux droits de l’Homme».

Si Ali Bongo attendait un geste fort de la part de son adversaire quant à sa sollicitation pour un «dialogue national», Jean Ping rejette celui-ci d’un revers de la main. À ce sujet, il déclare : «Voilà quelqu’un qui a été désavoué par le peuple et battu dans les urnes, qui demande à celui à qui il a volé l‘élection de venir dialoguer avec lui !», s’indigne Jean Ping.

Pour l’ex-président de la Commission de l’Union africaine, tous les Gabonais doivent «refuser ce coup d‘État militaro-électoral qui n’offre aucune perspective au Gabon».

«Des compatriotes sont morts, parmi lesquels de nombreux jeunes, tués par ce pouvoir. Ils ne doivent pas être morts pour rien. Ils sont morts pour que la démocratie, l’alternance et le changement voient enfin le jour dans notre pays», souligne Jean pingre dans sa déclaration.

Pour finir, il a demandé «aux organisations humanitaires, notamment à Amnesty International et au procureur de la Cour pénale internationale (CPI), de venir au Gabon pour faire toute la lumière sur les assassinats, les disparitions et les violations des droits de l’Homme qui sont perpétrés dans notre pays depuis le 31 août 2016».

Rodrigue Fénelon Massala
 
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