Algérie : Sonatrach, urgence d’un nouveau management stratégique Version imprimable
21-03-2017
Le PDG de Sonatrach, Amine Mazouzi, vient d’être remplacé, par Moumen Ould Kaddour, le 20 mars 2017. Cela appelle l’urgence d’un nouveau management stratégique. La compagnie connaît depuis quelques années des changements de directeurs généraux. Sonatrach étant l’Algérie et l’Algérie étant Sonatrach, la baisse de ses recettes a entraîné la détérioration de la balance des paiements entre 2015 et 2017. Quel est donc l’objectif du management?

Un nouveau PDG à Sonatrach. L’Algérie n’est pas à l’abri des périls, notamment de la crise mondiale, suite à une chute des cours des hydrocarbures, et ne peut continuer à fonctionner sur la base de 110 dollars le baril comme entre 2010 et 2015 et 87 dollars, selon le FMI en 2016. Ayant passé plus de 35 années au sein de cette structure, j’arrive à la conclusion que ces changements n’auront aucune répercussion sur les recettes de Sonatrach, extériorisée, dépendant totalement de l’évolution du marché international, malgré ses nombreuses compétences, devant améliorer son management stratégique interne pour réduire ses coûts. La question centrale reste liée à l’urgence de la démocratisation de sa gestion.
L’organisation de Sonatrach doit être repensée. Créée le 31 décembre 1963, la Sonatrach a vu ses statuts modifiés à trois reprises par décrets présidentiels, dont le dernier datant du 11 février 1998 avec pour souci de mettre en adéquation les statuts de la Sonatrach (sociétés par actions) suite à la création, en avril 1995, du Conseil national de l’énergie. Le chapitre III du décret du 11 février 1998 consacré à «l’organisation et au fonctionnement des organes» la dote de trois organes : l’assemblée générale, le conseil d’administration et l’exécutif. Par ailleurs, un décret présidentiel en date du 13 septembre 2000 apporte une légère modification au décret portant statut de la Sonatrach, concernant exclusivement les aliénas 2 et 5 de l’article 11, qui stipule que «les vice-présidents et les directeurs généraux adjoints sont nommés par décret présidentiel» au même titre que le président-directeur général de la compagnie. Au niveau des prérogatives, ce n’est plus à Sonatrach d’octroyer les périmètres d’exploitation selon la nouvelle loi sur les hydrocarbures du 28 avril 2005 amendée par l’ordonnance du 29 juillet 2006 (la loi de janvier 2013 étendant la règle des 49/51% et introduisant l’exploitation du gaz de schiste en reconduisant les mêmes procédures), mais à une agence dépendante du ministère de l’Énergie, Alnaft, entretenant donc des relations fonctionnelles avec cette structure autant qu’avec une autre agence, l’autorité de régulation chargée de suivre les mécanismes des prix. La nouvelle loi a fixé à au moins 51% la part de Sonatrach sur les périmètres octroyés par Alnaft et moins de 49% aux compagnies pétrolières. Mais le partenariat a toujours existé même du temps du socialisme des années 1970. Car il y a lieu d’éviter la vision essentiellement négative, cette association a permis de redynamiser la production pétrolière et gazière en chute libre, d’où les amendements des années 1990 qui en fait étendaient la loi de 1986 à un large partenariat avec les compagnies internationales. Aussi, en nous tenant à l’organisation actuelle du secteur des hydrocarbures, il y a lieu de distinguer plusieurs structures opérationnelles. Nous avons le Conseil national de l’énergie, organe suprême de toute stratégie énergétique, malheureusement gelé depuis des années. Il a été créé par décret présidentiel le 19 avril 1995, qui, dans son article 6, stipule que «le conseil se réunit périodiquement sur convocation de son président», le président de la République dont le secrétariat (article 5) est assuré par le ministre de l’Énergie et composé des ministres dits de souveraineté (Défense nationale, Affaires étrangères, Énergie et Finances), du gouverneur de la Banque d’Algérie et du délégué à la Planification. L’article 6 stipule que «le Conseil national de l’énergie est chargé d’assurer le suivi et l’évaluation de la politique énergétique nationale à long terme, notamment de la mise en œuvre d’un plan à long terme destiné à garantir l’avenir énergétique du pays; d’un modèle de consommation énergétique en fonction des ressources énergétiques nationales, des engagements extérieurs et des objectifs stratégiques à long terme du pays; de la préservation des réserves stratégiques du pays en matière d’énergie; des stratégies à long terme de renouvellement et de développement des réserves nationales en hydrocarbures et leur valorisation; de l’introduction et du développement des énergies renouvelables; des schémas d’alliances stratégiques avec les partenaires étrangers intervenant dans le secteur de l’énergie et des engagements commerciaux à long terme». Nous avons ensuite l’Assemblée générale composée du ministre de l’Énergie et des mines, du ministre des Finances, du gouverneur de la Banque d’Algérie, du délégué à la Planification, d’un représentant de la Présidence de la République. L’article 9.3 précise que l’assemblée générale est tenue de se réunir «au moins deux fois par an en session ordinaire» et en «session extraordinaire à l’initiative de son président ou à la demande d’au moins trois de ses membres, du ou des commissaires aux comptes ou du président-directeur général de la Sonatrach». Au terme de chaque session, l’assemblée générale est tenue d’adresser son rapport au président du Conseil national de l’énergie qui est le président de la République. Ensuite, le Conseil d’administration qui est composé du président-directeur général de Sonatrach, du président -directeur général de Sonelgaz, du vice-président Amont, du vice-président Aval, du vice-président Transport par canalisation, du vice-président de la Commercialisation, du directeur général des hydrocarbures, d'un autre représentant du ministère, de deux représentants du syndicat de Sonatrach. Enfin, vient le comité exécutif, qui est la véritable cheville ouvrière de Sonatrach, composé du président-directeur général de Sonatrach, du secrétaire général de Sonatrach, des vice-présidents amont, aval, canalisation et commercialisation, du directeur exécutif des finances, du directeur exécutif des ressources humaines, du directeur exécutif des activités centrales (DAG), du directeur stratégie, planification, économie, du directeur exécutif santé, sécurité, environnement. Et sans oublier les holdings qui sont annexés aux vice-présidents.
Ainsi, pour l’amont est rattaché le holding services pétroliers et parapétroliers; pour l’aval, le holding raffinage, chimie hydrocarbures (exemple Naftec); pour la commercialisation, le holding Sonatrach, il lui est rattaché le holding Sonatrach/valorisation des hydrocarbures (exemple Naftal). Au niveau international, le groupe Sonatrach a mis en place un système de réorganisation de ses activités par le regroupement des compagnies filiales à l’étranger autour d’un holding international (SIHC) créé en juillet 1999 qui opère dans différents pays.
La suite à lire dans le prochain numéro du magazine.

Dr Abderrahmane Mebtoul, expert international
 
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