Algérie : Visite de la chancelière Angela Merkel, quelle coopération avec l’Allemagne? Version imprimable
20-02-2017
La chancelière allemande, Angela Merkel, qui prône une coopération plus étroite avec les pays d’Afrique du Nord pour limiter les mouvements de réfugiés à travers la Méditerranée, effectue une visite officielle à Alger, les 20 et 21 février. Elle entend obtenir à l’issue de ce déplacement, entre autres, plus de garanties d’Alger pour l’accélération du processus de rapatriement des ressortissants algériens en situation irrégulière en Allemagne.
Les entretiens entre Angela Merkel et les autorités algériennes, parmi lesquels de longs moments avec le Premier ministre algérien, Abdelmalek Sellal, ont permis d’aborder certes la coopération économique, mais aussi et surtout la situation sécuritaire dans la région. Pour rappel, la visite du Premier ministre algérien, du 12 janvier 2016, qui, outre les aspects sécuritaires, s’inscrivait dans le cadre de la consolidation de la coopération économique entre l’Algérie et l’Allemagne. Mise sur pied en 2010, suite à la visite du président de la République Abdelaziz Bouteflika à Berlin, la commission mixte algéro-allemande est conçue dans cette logique.

Bref round-up de la situation économique
L’Allemagne couvre une superficie de 357 027 km², avec comme capitale Berlin. Les villes principales sont Hambourg, Munich, Cologne, Francfort/Main, Stuttgart, Düsseldorf, Dortmund, Essen, Brême, Dresde, Leipzig, Hanovre et Nuremberg. Quant aux religions, nous avons selon certaines données récentes le catholicisme (32,9%), le protestantisme (32,5%), l’Islam (3%) et le judaïsme (0,14%). La République fédérale d’Allemagne a été instaurée le 23 mai 1949 par l’adoption de la Loi fondamentale (Grundgesetz). Les 16 Länder (États fédérés) qui la composent exercent des compétences propres (police, éducation, environnement, culture, administration). Les politiques sont mises en œuvre dans chaque Land par un ministre-président et un gouvernement (Landesregierung) après avoir été votées par un parlement régional (Landtag). La vie politique allemande est traditionnellement dominée par deux grands mouvements, la CDU-CSU (l’Union démocrate-chrétienne de Mme Merkel et son alliée bavaroise, l’Union sociale chrétienne) et le SPD (parti social-démocrate). La diplomatie allemande s’efforce de développer une position équilibrée dans son dialogue avec le monde arabo-musulman. Présentes dans plusieurs Etats de la région, les fondations politiques proches des grands partis allemands jouent un rôle important dans cet effort de dialogue avec l’ensemble des mouvements politiques locaux. Actuellement, la crise migratoire et la situation au Proche-Orient préoccupent conjointement la Turquie (premier pays d’accueil des réfugiés syriens avec 2,5 millions sur son sol) et l’Allemagne (premier pays d’accueil de l’Union européenne). Le dialogue autour de cette question, pour lequel l’Allemagne s’est fortement impliquée, a permis de trouver un accord entre l’Union européenne et la Turquie, qui vise à réduire de manière pérenne le nombre de personnes cherchant l’asile en Europe. Reposant sur trois piliers centraux (chambres de commerce bilatérales, agence de promotion Germany Trade and Invest, et conseillers économiques des ambassades), la diplomatie économique menée par Berlin se traduit par une forte attention portée aux grands pays émergents. Première économie de l’Union européenne, l’Allemagne est un Etat fédéral composé de 16 Länder et compte environ 82 millions d’habitants au 1er janvier 2016 avec des projections démographiques de 72,2 millions d’habitants en 2030, ce qui explique sa politique d’immigration ciblée avec un solde migratoire + 1,4 million (2015) où les Trucs dont la rubrique population étrangère représentent 9,1 millions en 2015, soit 11,1% de la population totale. Cela risque de remettre en cause son dynamisme économique et également du fait d’une économie ouverte exposée aux incertitudes internationales dont la menace protectionniste du nouveau président américain, le Brexit anglais et les fragilités de la Chine. Le produit intérieur brut en 2015 a été de 3026,6 milliards d’euros, le PIB par habitant de 37 107 euros avec un taux de chômage de 5,0% (2015) et de 4,5% pour 2016, un taux d’inflation moyen annuel pour 2015 de 0,1%. L’Allemagne poursuit depuis plusieurs années une politique budgétaire marquée par la volonté de réduire l’endettement et les déficits publics, conformément aux objectifs fixés par les traités européens. La dette publique s’est établie à 2 150 milliards d’euros à la fin de l’année 2015 (71,2% du PIB) et 69,2% (2016). Le Bundestag a adopté, le 25 novembre 2016, le budget fédéral 2017 et la programmation 2018-2020 qui prévoient un solde budgétaire équilibré sur l’ensemble de la période. Le budget fédéral 2017 prévoit des dépenses de 329,1 milliards d’euros, soit une hausse de 12,1 milliards d’euros par rapport à 2016. Les recettes fiscales sont prévues à 301,03 milliards d’euros. Selon la programmation pluriannuelle du Bund, le solde budgétaire fédéral devrait être équilibré et devrait continuer à l’être sur l’ensemble de la période de programmation budgétaire de 2017 à 2020. L’agriculture représente 0,9%, l’industrie 28,2% et les services fondés sur les nouvelles technologies (donc le savoir) 72%. Le PIB allemand a progressé de 4,1% en 2010, de 3,7% en 2011, de 0,5% en 2012, de 0,5% en 2013, de 1,6% en 2014, de 1,7% en 2015 et de 1,9% en 2016. L’industrie, qui représente une part significative du PIB, est restée quasi stable depuis 20 ans (25,7% en 2016 et 23,0% en 1994). Des entreprises extrêmement internationalisées. Les exportations représentent 39% du PIB en 2015. En 2015, l’OMC classe le pays au troisième rang des exportateurs mondiaux, derrière la Chine et les États-Unis. La densité de son tissu d’entreprises de taille moyenne et intermédiaire (le "Mittelstand") innovantes et exportatrices. L’Allemagne est championne du monde pour l’exportation, avec un excédent commercial des comptes courants de 297 milliards de dollars pour 2016 avant la Chine, 245 milliards de dollars, selon une étude réalisée par l’institut économique IFO, alors qu’en 2015, l’excédent de la balance des paiements courants de la Chine s’élevait à 293 milliards de dollars tandis que celle de l’Allemagne était de 257 milliards de dollars. Par contre, les États-Unis accusent un déficit courant de 478 milliards de dollars. Pour 2015, les principaux clients (2015) sont les États-Unis (9,5%), France (8,6%), Royaume-Uni (7,5%), Pays-Bas (6,6%), Chine (5,9%), Italie et Autriche (4,8%), alors que les fournisseurs (2015) sont la Chine (9,7%), Pays-Bas (9,3%), Chine (9,7%), Pays-Bas (9,3%), France (7,1%), États-Unis (6,3%), Italie (5,3%).

La suite à lire dans le prochain numéro du magazine.

Dr Abderrahmane Mebtoul, Expert international
 
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