Après sa mise en examen, Vincent Bolloré contre-attaque Version imprimable
04-05-2018
Quelques jours après sa « mise en examen » en France pour présumé corruption dans l’attribution de deux concessions portuaires au Togo et en Guinée, Vincent Bolloré, président-directeur général du groupe éponyme a dans une lettre au personnel dont Les Afriques a obtenu une copie, a rejeté en bloc « ces accusations et allégations mensongères » dirigées contre lui.
Dans cette lettre datée de mardi 2 mai 2018, et intitulée « chers amis », l’investisseur français explique la « cabale » dont il est la cible de la part de ses détracteurs, expliquant notamment que ce « tohu-bohu » remonte à plusieurs années déjà. D’entrée de jeu, déclare-t-il à l’intention du personnel, « comme vous l’avez vu, le tintamarre médiatique organisé depuis quelques années a fini par pousser la justice à me convoquer et à me « mettre en examen ». Bien que je demeure présumé innocent et sans contrôle judiciaire, il me paraît nécessaire de vous informer directement de cette situation ».

Selon lui, ses détracteurs dont un ancien cadre du groupe « renvoyé pour nous avoir détourné des actifs de plusieurs dizaines de millions d’euros en Afrique » ont multiplié des accusations mensongères en direction de la police et de la justice. Sur les faits, malgré l’instruction judiciaire en cours, Vincent Bolloré bien que n’étant pas censé faire de commentaires, a néanmoins expliqué que ces faits qui remontent à environ dix ans concernent deux concessions portuaires dont les appels d’offres internationaux ont eu lieu au Togo en 2001 et en Guinée en 2008. « Nous avons gagné celui du Togo dès 2001 en étant arrivé premier et celui de Guinée. Nous y sommes arrivés deuxième mais le premier, la société Getma, n’a pu réaliser les investissements promis dans sa réponse à l’appel d’offre et sa concession a été suspendue une première fois dès 2009 », a-t-il précisé.

La partie est loin d’être terminée
L’homme d’affaires français dont le Groupe est présent dans 46 pays des 54 Etats africains, ne s’est fait pas fait prier pour partager ses ennuis avec ses employés. Signe sans doute de la gravité de la situation, dont bien malin sait quelle sera l’issue finale. Raison pour laquelle « je vous donne ces précisions sur ces dates parce qu’elles sont importantes dans la mesure où nous sommes accusés d’avoir financé des campagnes politiques en 2010 dans ces deux pays pour obtenir ces concessions gagnées … avant ». Certainement conscient que la partie est loin d’être terminée, Vincent Bolloré estime que la mobilisation de tous les employés pour la sauvegarde du groupe est nécessaire. « Soyons solidaires dans ces moments difficiles. Nous allons devoir nous battre dans les médias, nous allons devoir nous battre avec nos avocats dans les tribunaux, nous allons devoir nous battre pour rétablir la vérité et garder la confiance de nos clients, de nos partenaires », a-t-il insisté.

En capitaine d’industrie, il sait mieux que quiconque que les affaires de ce genre peuvent déstabiliser un groupe, non seulement parce que cela peut occasionner la défection des partenaires et des clients, mais aussi parce que cela peut démobiliser le personnel. Traduction, « n’ayons pas peur, notre groupe poursuivra sa route ! Ma succession à sa tête a été préparée depuis longtemps et est désormais effective et satisfaisante », s’est-il voulu rassurant, même si selon toute vraisemblance, l’on est bien parti pour un long feuilleton médiatique et judiciaire, tant le milliardaire breton ne passe pas inaperçu non seulement dans son Hexagone natale qu’en Afrique.

Avant de conclure cette lettre, Vincent Bolloré s'est rappelé qu’ « en fêtant il y a 15 mois son 195ème anniversaire à Notre Dame de Kerdévot, juste à côté de là où il a été fondé, j’avais dit que notre force était nos équipes du monde entier, leurs compétences, leur courage, leur esprit d’équipe. Je compte sur vous ». Affaire à suivre.

Les Afriques
 
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