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Arrestation à Nouakchott du colonel Abdallah Senoussi Version imprimable
18-03-2012
Les forces de sécurité de l’Aéroport International de Nouakchott ont arrêté le colonel Abdallah Senoussi, un dignitaire du régime renversé du colonel Mouammar El Kadhafi, et beau frère du défunt Guide, vendredi soir peu avant minuit, selon une source sécuritaire.

Mr Abdallahi Senoussi, figure importante et incontournable de l’appareil sécuritaire sous Kadhafi, été appréhendé en compagnie d’un jeune homme, qui serait en fait son fils. Arrivés dans la capitale mauritanienne à bord d’un vol régulier de la Royale Air Maroc (RAM), les deux (2) hommes étaient détenteurs de passeports maliens, que la police mauritanienne a qualifié « de faux documents ».

L’ex officier libyen, considéré comme un des piliers du cercle des intimes de Mouammar El Kadhafi, est actuellement interrogé par la Direction de la Sûreté d’Etat (DES), la police politique. Cette haute personnalité du régime déchu de Libye est sous le coup d’un mandat d’arrêt de la Cour Pénale Internationale (CPI), lancé fin juin 2011.

Abdallah Senoussi est notamment accusé d’avoir joué un rôle actif dans la répression contre les populations civiles de la ville de Benghazi- Est de la Libye- en révolte face au pouvoir de Tripoli. Des faits susceptibles de constituer les infractions pénales internationales de « crimes de guerre » et « crimes contre l’humanité ».Les nouvelles autorités libyennes réclament l’extradition du nouveau prisonnier vers Tripoli, selon quelques indiscrétions lâchées samedi à Nouakchott.

Dans la capitale mauritanienne, de nombreux observateurs font remarquer que la Mauritanie n’a pas ratifié l’acte portant création de la CPI.Ce qui pose naturellement la question de la justification en droit, de l’arrestation de l’ex haut responsable libyen.

Pour la suite de cette affaire, on se demande si Abdallahi Senoussi va être déféré devant la juridiction pénale internationale, ou mis à la disposition des autorités libyennes ? Une autre question porte sur les garanties d’un procès équitables qu’il pourrait bénéficier dans la deuxième hypothèse.
 
Amadou Seck, à Nouakchott.
 
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