Banques : Nouveaux risques de crise financière internationale Version imprimable
14-05-2018
En dépit des enseignements tirés de la crise financière internationale qui a notamment secoué le secteur bancaire il y a une décennie, les régulateurs n’écartent pas une autre crise bancaire dont les effets seraient plus dévastateurs pour l’économie mondiale.
Alors que les derniers soubresauts de la crise financière internationale de 2008 qui a notamment secoué le secteur bancaire continuent d’impacter les économies mondiales, des nombreux indices laissent croire que l’on n’est pas à l’abri d’un nouveau cataclysme financier à l’échelle mondiale. Certes, les marchés et les banques se concentrent depuis des années sur le renforcement du bilan des banques avec des résultats encourageants, ces progrès ne doivent pas faire oublier de nombreuses poches de faiblesse.

Selon une étude Oxford Economics relayée par le journal Les Echos, c’est un « calme trompeur » qui caractérise actuellement le secteur bancaire. S’il est vrai que depuis la crise de 2007-2008, et sous la pression des régulateurs et des marchés, les groupes bancaires ont doublé des mesures de sécurité, destinés à absorber d'éventuels chocs économiques devant permettre d’éviter un cataclysme financier, cette réussite de la régulation n'est que partielle. D’après cette étude, le « ratio de solvabilité » qui est le critère habituellement utilisé pour vérifier qu'une banque est suffisamment capitalisée est « assez peu prédictif » pour anticiper une faillite bancaire.

Un calme trompeur
Et pour cause, ce ratio permet aux banques de moduler le montant des fonds propres nécessaires selon le type d'actif présent à leur bilan. En quelque c’est une sorte de « jeu » à l’avantage des banques. On comprend pourquoi dans la tradition américaine, les régulateurs préfèrent un indicateur moins facile à manipuler : il en est par exemple du ratio de levier qui mesure les fonds propres de la banque rapportés au total des actifs de la banque, indépendamment de leur niveau de risque. Traduction, la situation devient moins flatteuse, puisque certaines banques ne détiennent que 3 ou 4 dollars de capital pour 100 euros d'actifs contre 12 à 18 dollars pour le ratio de solvabilité. Aussi, l'étude, en vient-elle à la conclusion selon laquelle, le renforcement des bilans bancaires est en partie illusoire car il « a coïncidé dans certains pays avec u ne hausse rapide des créances douteuses ».

Il est clair que les banques souffriraient encore véritablement de la crise d’il y a une décennie. Sauf que pour éviter un marasme économique dans l’avenir dont les répercussions seraient encore plus dramatiques que la crise financière de 2008, il convient d’anticiper insiste Oxford Economics. Pour l'institut, « l'environnement de taux faibles mis en place par les banques centrales afin de soutenir l'économie risque de pousser les banques vers de nouvelles difficultés, encore difficiles à apprécier ». La raison, d'un côté, les taux faibles incitent certaines banques à allonger la durée sur laquelle ils prêtent, et à raccourcir celle à laquelle ils empruntent. Si le risque est maîtrisé, les prêts longue durée sont plus onéreux pour l'emprunteur alors que pour ce qui est du refinancement, la banque sera tentée par des prêts de courte durée, d’autant que les liquidités seraient actuellement abondantes et bon marché.

« Shadow banking »
D’où cette surliquidité bancaire dont on parle. « Mais ces banques se retrouveraient en danger si les coûts de financement à court terme devaient s'envoler », prévient l'étude. En d’autres termes, les ratios de liquidité qui permettent aux banques de détenir suffisamment de liquidités pour « tenir » à une crise de liquidité ont été théoriquement conçus pour limiter la survenue d'un tel risque. De manière plus générale, souligne l'étude, la régulation bancaire a poussé au développement du « shadow banking », ou « banques fantômes », un secteur de la finance qui ne serait pas particulièrement dangereux, mais que les gendarmes financiers cherchent à mieux comprendre et cartographier. Surtout que « les connexions entre la finance non bancaire et les banques », peuvent être de nature à propager une crise non bancaire vers la finance traditionnelle.

Achille Mbog Pibasso, rédacteur en chef
 
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