Bénin : Émergence et préservation des ressources Version imprimable
21-12-2016
Entre Cotonou, capitale du Bénin, et la célèbre localité de Ouidah, remplie d’histoire pour avoir été un des derniers points de contact des esclaves quittant l’Afrique noire pour les Amériques, sur la Route des Pêches, j’ai été témoin d’un massacre d’une rare violence!
Les ressources halieutiques sont en train d’être pillées par des groupes de pêcheurs à la senne qui emploient des filets à mailles très fines! Sur le pélagique, ce sont plusieurs groupes de villageois qui posent le soir, sur le long de la plage, des filets de plus de 300 m, voire 500 m de large. Sur cette baie naturelle, avec des eaux à températures idéales pour la croissance du petit pélagique, tout est réuni pour faire une bonne pêche. Pourtant, ignorant tout respect d’un quelconque repos biologique, ils pillent toute la nurserie de poissons. La taille de leurs prises, se réduisant d’année en année, ne les a pas poussés à prendre la décision d’accroître le diamètre des mailles de leurs filets… Si pour certaines espèces, telles qu’anchois, goujon…, l’espèce adulte est de petite taille, il n’en est pas de même pour les sardines, carangues, régalecs (serpent de mer), lingues, maquereaux… Sur cette belle côte, ces dernières espèces sont sérieusement menacées! Les pêcheurs, qui galèrent pour remonter leurs filets, tirant dessus pendant des heures, pour ressortir plusieurs paniers de ces poissons mais qui tiennent à peine dans la paume de la main, transportent ensuite leur matériel sur des charrettes, à la force des bras pour retrouver leurs pirogues des centaines de mètres plus loin!

Le Bénin qui vient de déployer un plan de développement ambitieux, le PAG, peut-il se permettre une telle déperdition de la ressource? Mais si le mal ne se situait qu’à ce niveau, les palliatifs seraient plus faciles à apporter. Il se trouve que la forêt de cocotiers qui longe cette sorte de péninsule, sur laquelle tiennent les localités de Cotonou jusqu’à Ouidah et au-delà, est massacrée. Pourtant, les troncs de ces arbres servent de supports aux cordages pour retenir les sennes jetées la veille…

La suite à lire dans le prochain numéro du magazine.

Daouda MBaye
 
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