Accès abonné :              


Cameroun La Banque des PME et la Banque Agricole bientôt opérationnelle Version imprimable
11-03-2013

La création de 2 banques respectivement destinées au financement de l’agriculture de l’agriculture et des PME devrait donner un coup de pouce à l’économie nationale qui repose en grande partie sur les deux secteurs vitaux.

Le secteur bancaire camerounais s’enrichira bientôt de deux nouvelles institutions financières, en l’occurrence la Banque Agricole et la Banque des PME, matérialisant ainsi l’engagement du gouvernement qui date de quelques années déjà. Le ministère des finances, a en effet confirmé que les pouvoirs publics ont libéré le capital social des deux banques, soit 20 milliards de f CFA. Ce qui est conforme aux dispositions de la Commission bancaire de l’Afrique centrale (Cobac), qui stipulent qu’il faut un fonds initial de 10 milliards de f CFA pour la création d’une banque en Afrique centrale.

Avec la libération desdits fonds, c’est le dernier obstacle qui est levé, ce qui laisse croire que les deux banques seront fonctionnelles cette année. Cette possibilité est d’autant envisageable quand on sait que les locaux pour abriter ces structures sont disponibles, et que l’accord de l’organe en charge de la régulation ne devient qu’une «simple» formalité administrative, la plus grande exigence de la Cobac étant le déblocage des fonds constitutifs.

Respectivement dénommées la Cameroon rural financial coporation (Carfic) et la Banque camerounaise des PME (BC PME), ces institutions bancaires sont attendues par les Camerounais, au regard de la place éminemment importante qu’occupent l’agriculture et les PME dans le développement économique de la Nation. Pays agricole à plus de 70%, le Cameroun compte sur la valorisation du secteur primaire pour relever le défi du développement, un fort potentiel bien que sous-exploité qui en fait le principal grenier de la sous région, aussi bien au sein de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cemac) que du Nigeria voisin.

La politique agricole baptisée la «Révolution verte» mise en place au lendemain de l’indépendance, il y a un demi-siècle a permis au Cameroun de développer aussi bien les produits vivriers que les produits de rente, assurant ainsi un équilibre entre la consommation et l’exportation des produits agricoles dont le pays tire des bénéfices substantiels.

La politique de désenclavement, qui consiste à établir les liaisons par route entre les principales capitales en Afrique centrale, devrait booster cette production agricole qui assure tant bien que mal, une autosuffisance alimentaire à la plupart des Camerounais.

Le plaidoyer de la BAD

De son coté, l’orientation économique du pays nécessitait la mise en place d’une institution chargée du financement des activités des PME et des PMI, d’où la portée de la création d’une Banque pour les PME qui représentent plus de 90% du tissu économique du pays et participent à 34% de son PIB rapporte l’Institut national de la statistique (INS). Par ailleurs, lorsqu’on sait les difficultés que rencontrent les PME pour accéder au crédit, la création de cette banque est plus que porteuse d’espoir surtout que d’après le patronat camerounais, la durée de vie moyenne d’une PME est de dix ans. Une existence éphémère et un fonctionnement aléatoire dus en grande partie au manque de financement.

Il suffit de s’appuyer sur les récentes données de l’Association professionnelle des établissements de crédit du Cameroun (Apeccam) situant la surliquidité bancaire à plus de 600 milliards de f CFA, alors que les banques commerciales rechignent à financer les PME. Etant donné que les fonds sont disponibles, l’Etat-propriétaire et unique actionnaire pour les deux banques, devrait s’entourer des précautions de gestion pour ne pas retomber dans les travers du passé.

Puisque par le passé, les expériences du Fonds national du développement rural (Fonader) et du Crédit agricole du Cameroun (CAC) d’une part, et du Fonds de garantie pour le petite entreprise (Fogape) d’autre part, destinés pour le financement du secteur agricole et le développement des PME, se sont soldées par un gros échec, conséquence d’une gestion gabégique. D’où la préoccupation de la Banque africaine de développement (BAD) qui conseille aux gouvernants camerounais d’y instaurer une gestion rigoureuse et efficace.

Achille Mbog Pibasso, Douala

 
< Précédent   Suivant >