Cameroun : La digitalisation pour promouvoir l’assurance Version imprimable
12-06-2018
La deuxième édition de l’Assurtech, une plateforme des professionnels d’assurances qui s’est tenu courant mai à Douala, a opté pour la digitalisation comme solution à l’amélioration du taux de pénétration de l’assurance au Cameroun.
Les professionnels des assurances sont formels. L’assurance n’est pas la chose la mieux partagée au Cameroun. Il n’y a qu’à voir le taux de pénétration nationale pour s’en convaincre, à peine 2% seulement. Traduction, à peine 250 000 personnes sur une population estimée à 25 millions d’habitants sont des usagers de l’assurance. S’exprimant sur les enjeux de cette rencontre, le président du comité d’organisation Protais Ayangma, a déclaré que « l’assurance a un problème d’accessibilité » raison pour laquelle il faut d’abord promouvoir les produits d’assurance, avant d’amener le public à les consommer. « On parle d’un taux de pénétration de l’assurance de 2%, on parle d’un taux de pénétration d’internet de 28%, on parle d’un taux de couverture du mobile qui avoisine 80%. On constate qu’avec 2%, on est très loin du compte. Il faut donc surfer sur cette opportunité que nous offre la digitalisation pour pouvoir toucher davantage, parce que le problème de l’assurance est d’abord un problème d’accessibilité », a-t-il affirmé.

Pour cet expert en assurance, ancien président de l’Association des sociétés d’assurances du Cameroun (Asac) et de la Fédération des sociétés d’assurances de droit national africaines (Fanaf) il faut pouvoir toucher un maximum de personnes. Ainsi, « après l’information, il faut promouvoir, amener les gens progressivement à adhérer. C’est en cela que nous pensons que la digitalisation peut permettre, par un meilleur accès, de toucher un plus grand nombre ». Après, il reviendra aux assureurs de leur travail, en mettant en place des « produits qui soient adaptés aux besoins et aux moyens des populations camerounaises.
C’est pour ça qu’on parle de plus en plus de micro-assurance. Ce n’est pas encore véritablement ancré dans les moeurs, mais nous y travaillons », a-t-il rassuré.

Les chiffres du marché
Pendant qu’à travers Assurtech « nous sommes effectivement en train d’atteindre la vitesse de croisière », il y a eu trois temps forts au cours de cette deuxième édition.
Le premier, c’est le lancement du portail sur les assurances. C’est un portail informatif où l’on peut trouver des informations concernant tout le secteur de l’assurance au Cameroun et dans une certaine mesure, en Afrique. Au menu, les chiffres du marché, compagnie par compagnie, les statistiques en matière de règlement de sinistre, en matière de chiffre d’affaires, dans un premier temps sur une période de cinq à six ans extensibles à dix ans.

Le second temps forts, c’est la principale innovation d’Assurtech consiste à travailler avec un groupe de développeurs depuis deux ans sur un dispositif de prévention, de prédiction et de réduction des accidents de la circulation, la troisième innovation est un peu plus classique, montrer ce que les jeunes startuppeurs ont fait depuis la dernière édition pour digitaliser l’assurance.

Quant au projet AutoLife, il se présente donc comme un centre d’information qui stocke toutes les données relatives à la vie d’un véhicule.
D’après Protais Ayangma, promoteur du cabinet P2A, avec cet outil on serait capable de connaître la vie entière d’un véhicule et de s’approprier le parc automobile au Cameroun en sachant si un véhicule n’est pas assuré. « Avec l’accord du ministère des Transports, on pourrait dire quels sont les véhicules qui ne sont pas assurés. On estime qu’environ 30% de véhicules ne sont pas assurés au Cameroun. On n’a pas encore mis l’accent l’aspect sanctions, car on pourrait arriver à un point où on pourrait savoir quels sont les véhicules qui ont été sanctionnés. Cela pourrait également éviter les tracasseries policières, car un policier sera capable de vérifier tout le profil du véhicule en se connectant sur la plateforme».

Sylvain Eka, Douala
 
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