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Cameroun : Le RDPC au carrefour du bilan Version imprimable
24-03-2010

Le Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC, au pouvoir), célèbre, ce 24 mars 2010, son 25e anniversaire. Un bilan contrasté.

Lancé sur les fonts baptismaux en 1985, soit trois ans après l’accession de son président à la tête du Cameroun, le Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDC) fête son 25e anniversaire en ce 24 mars 2010. Sur l’actif du bilan, l’on notera sans aucun conteste, l’ouverture politique prônée et mise en œuvre par le pouvoir. Processus qui s’est traduit par, par le retour des centaines d’exilés politiques. Sur le plan purement interne, le RDPC a trouvé le remède contre l’inaction en introduisant la concurrence. Plusieurs listes concurrentes sont en lice lors du renouvellement des organes de base et des élections législatives et municipales. Au niveau national, le grand tournant aura été celui constaté à la fin des années 90, avec l’abrogation des lois d’exception et le vote par le parlement d’une loi libéralisant l’activité politique au Cameroun. S’ensuivra la création des premiers partis politiques en 1991 suivis, en 1992, des élections générales où l’opposition remportera d’ailleurs la majorité des sièges (92 contre 88 au RDPC).

 Ville de Yaoundé

Le parti présidentiel dû d’ailleurs passer des accords avec deux formations politiques de l’opposition, notamment, le plus vieux parti politique du pays, l’Union des populations du Cameroun (UPC) pour conserver la majorité. Ce fut un succès inattendu pour le RDPC de rallier dans ses rangs, le parti historique créé en 1948 et dont les militants, sympathisants et dirigeants réunis autour du charismatique secrétaire général Ruben Um Nyobé, vont lutter pendant une décennie au prix d’énormes sacrifices pour obtenir l’indépendance et la réunification du Cameroun respectivement le 1er janvier 1960 et le 1er octobre 1961. Au-delà des causes exogènes, et en dépit des irrégularités qui entravent le processus électoral, le RDPC peut valablement être crédité d’un bilan encourageant, tant sa contribution est réelle dans l’enracinement et la consolidation de la démocratie et de la liberté au Cameroun.

Dégradation du tissu économique

En revanche, en vingt-cinq ans de pouvoir, le RDPC, qui se confond souvent avec l’Etat, n’a pas brillé dans la conduite de la politique économique de la Nation. Sans faire-fi de la conjoncture internationale difficile, dont les effets néfastes touchent particulièrement les économies du Sud, le parti au pouvoir n’a pas su enrayer la dégradation du tissu économique du pays. Faute de vision prospective et de bonne gestion des ressources, le Cameroun est passé de Pays à revenus intermédiaires (PRI) il y a un quart de siècle à Pays pauvres très endettés (PPTE), deux décennies plus tard. La corruption,  le détournement des deniers publics, la fraude ont plombé le développement économique du pays, d’où un chômage endémique que des études concordantes situent à près de 40%. Le RDPC semble toutefois conscient des enjeux du futur et cherche à mieux quadriller le terrain, tant il est vrai que les difficultés économiques actuelles sont de nature à occulter les succès que cette formation politique a engrangés, notamment sur le plan sociopolitique.

Achille Mbog  Pibasso, Douala

 
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