Ceuta : Chair en lambeaux et barbelés de la honte Version imprimable
23-02-2017
Que ceux qui s’acharnent sur Donald Trump le laissent enfin tranquille. Le mur qu’il a l’intention d’ériger entre son pays et le Mexique existe déjà sur le sol africain! A Ceuta, préside espagnol, dans le nord du Maroc, une triple barrière, haute de 6 m et sillonnée de barbelés, a été érigée depuis plusieurs années.
Rappelons qu’à Melilla aussi la même barrière physique existe et matérialise la frontière entre ces subsides espagnols et le Royaume du Maroc. Ces derniers jours, des migrants originaires de pays d’Afrique au sud du Sahara, pour la grande majorité, ont décidé de franchir l’obstacle à Sebta. Ce sont ainsi des centaines qui se sont rués sur les clôtures, la semaine dernière, en trois assauts pour les franchir, au prix d’y laisser des lambeaux de chair, un doigt, une partie du cuir chevelu… Ainsi, en ce mardi 21 février 2017 – vous avez bien lu, 2017 – ce sont 850 personnes qui ont franchi ce mur qui s’érige «fièrement» en Afrique. Face aux grillages espagnols, côté marocain, un mur de 5 m fut entamé et les troupes de gendarmes renforcées, pour décourager les immigrants irréguliers. La chute du Mur de Berlin, à la fin de l’année 1989, n’a toujours pas servi de leçon au monde. Ce dernier dispositif a été atténué ou volontairement rendu inefficace lors des derniers assauts.

Dans tous les cas, l’époque des positions terrestres géostratégiques est révolue. Les satellites et la nanotechnologie sont à la page… L’histoire, induite des disputes relatives à Fachoda, au couloir de Dantzig, à la région des Sudètes, du port de Fiume… a fait couler beaucoup de sang et fait des millions de morts. Il est vrai que les traitements d’après-guerre sont différents. Si les Britanniques n’ont pas déserté Gibraltar, la frontière avec l’Espagne n’est pas une triple barrière surmontée de barbelés.

Mais face à cette terrible situation, si la défaite des pays émetteurs est flagrante, pour mettre en place des projets de développement à même de retenir une jeunesse vigoureuse et ambitieuse, on peut se poser plusieurs questions. Où sont les autorités diplomatiques consulaires des pays dont les ressortissants vivent une traversée digne du «purgatoire» pour trouver un meilleur confort? Aux abonnés absents? Certains vont pousser le ridicule jusqu’à avancer qu’elles n’administrent que les migrants réguliers! En attendant, le calvaire se poursuit pour ces pauvres «hères», laissés à eux-mêmes!
 
La suite à lire dans le prochain numéro du magazine.

Daouda MBaye, Rédacteur en chef exécutif
 
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