Côte d'Ivoire: Le pire, évité de justesse Version imprimable
16-05-2017
Plongé dans une impasse depuis le vendredi 12 mai suite à un mouvement de mutinerie qui a paralysé le pays, le gouvernement ivoirien a proposé aux mutins les modalités de sortie de crise.
Tout est parti le mercredi 10 mai 2017 lorsqu’une délégation des soldats du contingent 8 400 a été reçue, selon les sources gouvernementales, à leur demande, par le président Alassane Ouattara. Au cours de cet entretien, le «porte-parole des soldats» dans sa déclaration annonce au chef suprême des armées leur décision de renoncer à toute revendication d’ordre financier et présente leurs excuses à la nation.

Coup de tonnerre dans les casernes! L’ensemble des éléments issus du contingent 8400 se démarquent des propos tenus par le groupe de soldats présent au palais, en expliquant que ces deniers ne sont ni représentatifs ni habilités à porter une telle responsabilité. L’incompréhension et les divergences sur les déclarations du porte-parole de ces soldats ont abouti à des troubles dans plusieurs localités de la Côte d’Ivoire. Face à cet imbroglio, le gouvernement opte pour la fermeté, l’état-major annonce même dans la foulée une opération militaire de rétablissement de l’ordre.

Un détachement des forces spéciales se déplace immédiatement à Bouaké, épicentre de la mutinerie. Les soldats mutins tout aussi déterminés prennent position en bloquant tous les accès à la ville. Les mutins en poste avancé se retrouvent face à face avec le détachement des forces spéciales. Le pays retient son souffle, le pire peut arriver. Les éléments des forces loyalistes déployés par le gouvernement se retrouvant en face de leurs frères d’armes décident d’engager le dialogue, eux qui, hier, ont combattu ensemble. Le message semble apaiser les esprits. Dans le même temps, les autres garnisons du pays et certaines casernes d’Abidjan entrent dans la danse de façon stratégique pour desserrer l’étau autour de Bouaké. Des négociations secrètes ont été menées pour apaiser la tension nationale. Les colonels Wattao Chétif Ousmane et Zakaria Kone mènent auprès des jeunes mutins les missions de bons offices. Au même moment à Abidjan, sous l’autorité du Premier ministre, Amadou Gon Coulibaly, une réunion placée secret défense est tenue avec le grand commandement de l’armée.

Sur le terrain, les mutins multiplient la pression. Un mouvement sans chef, mais parfaitement coordonné. Ils expliquent aux médias qu’il n’y aura pas affrontement entre frères d’armes, car ceux qui sont en face sont aussi concernés. Les chefs à la tête des opérations sont ceux qui nous ont formés. Un des mutins nous indique en des termes clairs : «Personne ne peut donner sa vie pour les politiciens qui ne respectent pas leur parole». Et ce dernier de poursuivre : «Nous attendons juste que le gouvernement paie le reliquat de 7 millions, nous avons conclu avec le gouvernement un accord en janvier». Le gouvernement doit respecter ses engagements. Ce n’est que dans ce contexte que nous serons emmenés à déposer nos armes et regagner les casernes, conclut un autre mutin.

Face à cette situation, et pour éviter tout enlisement et plus d’endeuillement de familles, fait observer dans un communiqué le ministre délégué à la Défense, Alain Donwahi, l’état-major général des Armées a entrepris négociations avec les soldats dimanche 14 et lundi 15 mai.

À l’issue de ces échanges, un accord a été trouvé sur les modalités de sortie de crise. L’accord annoncé par le gouvernement a été accepté par les mutins qui vont percevoir immédiatement 5 millions et 2 millions, fin juin.

La Beceao qui a ouvert ce matin tout comme certaines banques commerciales, selon nos sources, ont déjà reçu les fichiers pour procéder au paiement des primes des mutins selon les modalités de l’accord annoncé par le gouvernement. Au moment où nous publions cet article, la vie a repris son cours normal dans l’ensemble du pays.

Rodrigue Fénelon Massala, Abidjan
 
< Précédent   Suivant >
Toute l'actualité

Après Addis-Abeba et le Sud-Soudan, la représentante permanente des États-Unis à l’ONU, Nikki...
[La suite...]

Le putsch manqué de septembre 2015 n’a pas fini de révéler ses secrets et son étendue. Le général...
[La suite...]

Suite à la déclaration d’indépendance de la Catalogne adoptée par le Parlement catalan, vendredi 27...
[La suite...]

Le deuxième round de l’élection présidentielle au Kenya risque de mettre KO debout la locomotive de...
[La suite...]

Dans ce bref entretien, Nissale Berrached, directeur général de Philips pour l’Afrique du Nord et...
[La suite...]

Dans sa stratégie de développement, l’Afrique figure en bonne place sur les plans d’AccorHotels. Le...
[La suite...]

Autres articles
 
×
×
Votre Nom :
Votre Email :





×