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Egypte : la révolte des pro-Moubarak Version imprimable
03-02-2011

La place Tahrir, théâtre d’un rassemblement record depuis le 25 janvier, pour exiger le départ de Hosni Moubarak,  s’est transformée mercredi en terrain d’affrontements entre opposants et partisans au régime. Une manœuvre qui complique la situation.


Plus de 5 morts et 88 blessés étaient recensés jeudis par les services du ministère égyptien de la Santé. Les violements affrontements entre opposants et pro Moubarak qui ont éclaté dans la journée de mercredi se sont poursuivis toute la nuit et tôt  ce matin alors que le gouvernement, par la voix de son ministre des Affaires étrangères,  dénonce une «inacceptable » ingérence étrangère des USA, de la Grande Bretagne, de la France et, ajoute-t-il,  «même de la Turquie qui ne rate aucune occasion pour se donner un rôle ». Certains supporters du président égyptien se déplaçaient à cheval. Selon la presse étrangère, ils auraient tiré des coups de feu sur les opposants au régime. Les deux camps se battaient à coup de cocktail Molotov. Cette guerre sans merci risque d’alourdir le bilan des émeutes égyptiennes qui ont fait déjà 300 morts et 3000 blessés selon l’ONU. Les opposants voient dans leurs agresseurs des policiers en civils. Une accusation réfutée par le ministère de l’Intérieur et le vice premier ministre, Omar Souleimane qui exige la fin des manifestations comme préalable au dialogue. Le Raïs, 82 ans, qui a annoncé sous la pression de la rue qu’il ne briguerait pas un sixième mandat a promis d’organiser une transition en douceur, excluant tout départ avant les élections présidentielles du mois de septembre.  Une offre insuffisante selon les manifestants qui exigent le départ «maintenant » du président Moubarak.  Ces événements ont constitué l’essentiel de la conférence de presse donnée mercredi par Robert Gibbs, le porte-parole de la maison blanche, qui a parlé d’une «transition maintenant ». Pressés par la presse à s’expliquer sur le sens donné au mot «maintenant », le porte-voix de la Maison Blanche s’est emmuré dans un répertoire  de formules  diplomatiques où la nette retenue tranchait avec l’offensive des premiers jours. La grande prière de vendredi sera certainement décisive.


MBF

 
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