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Egypte : le chaos s’installe-t-il petit à petit ? Version imprimable
03-02-2012

A la suite de l’émeute, qui a eu lieu, mercredi 1er février, au stade de Port Saïd, à l’issue du match entre Al Masry et Al Ahly, comptant pour la 17ème journée du championnat égyptien de football,  et fait plus de 75 morts, il est légitime de s’interroger sur les lendemains d’une révolution égyptienne porteuse de toutes les espérances. 

Une révolution, qui installe le chaos, incapable de maîtriser les dérives de populations sans scrupules qui s’en prennent à des femmes et à des enfants sans défense, dont la seule faute est d’aller au stade pour assister à un match, en quoi est-elle profitable ? Loin de vouloir défendre l’ancien régime, il est plus que jamais nécessaire que les garants du nouveau système démontrent, sans délai, leur capacité à assumer l’autorité de l’Etat. Au soir du mercredi sanglant de Port Saïd, tous les regards vont dans ce sens. Après que les supporters d’Al Masry, équipe qui est parvenue à infliger à Al Ahly l’une de ses premières défaites depuis le début du championnat, aient commencé à jeter des fumigènes, des pierres et autres fusées éclairantes, au camp adverse, à la fin du match, jusqu’à la bataille généralisée, … et que le constat soit fait d’un service d’ordre, réduit à son strict minimum et vite débordé, qu’est-ce qui a été fait dans l’immédiat pour éviter un tel drame ?

Chaos et anarchie ne riment pas avec Révolution

Certes en Egypte, le processus démocratique est toujours en vigueur, et court sur encore un an.  L’armée a fini par envoyer deux avions pour rétablir l’ordre et évacuer les blessés et s’occuper des morts. Quant aux Frères musulmans, sortis grands vainqueurs des législatives, ils ont vite réagi. Une session extraordinaire de la nouvelle assemblée est convoquée dans les heures qui suivent. Néanmoins, plusieurs questionnements restent légitimes. Compte tenu des antécédents et des exigences de maintien de la paix civile, les Frères musulmans ne peuvent faire l’économie d’assurer un avenir meilleur aux populations civiles. Pointer du doigt d’hypothétiques pro-Moubarak, qui voudraient semer la terreur et le chaos, ne les dédouane pas d’assurer toutes les conditions d’une révolution devant aboutir à une Egypte meilleure, non à l’anarchie. Désormais, ils seront quelque part comptables de cette journée sombre, pour reprendre les propos de Sepp Blatter, Président de la Fifa.


Abderrazzak Sitaïl, directeur de publication 

 
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