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Fertilisants : le FMB Africa sous le signe du partenariat public-privé Version imprimable
20-04-2012
Jamais deux sans trois. Et puisqu’on ne peut imaginer un développement de l’agriculture et une sécurité alimentaire sans engrais, la troisième conférence pour le développement de l’agriculture en Afrique (FMB Africa) cherchera à apporter des réponses pour « l’amélioration de la productivité agricole à travers les engrais ».

Le Fertilizer Market Bulletin se tenait à Agadir, du 18 au 20 avril sous les auspices de l’Office Chérifien des Phosphates (OCP). Devenu une tradition pour le premier producteur des phosphates l’OCP, la rencontre s’avère « un événement qui rencontre un grand succès auprès de nos partenaires africains et internationaux», souligne Mostapha Terrab, président directeur général de l’OCP lors de l’ouverture des travaux du FMB Africa. Le DG de l’OCP n’a pas manqué de réitérer la volonté de l’Office d’accompagner le continent africain afin de réussir une fiable sécurité alimentaire en apportant, justement, des solutions adaptées et adéquates à l’état des lieux dans le continent. De son côté, Aziz Akhannouch le ministre marocain de l'Agriculture et de la Pêche a insisté sur l’enjeu de « de répondre à la demande croissante de la population africaine pour réussir la révolution verte dans le continent ». D’autant plus que, poursuit le ministre, « 60% de la population active en Afrique travaille dans le secteur agricole.

Dorénavant, l’amélioration de la productivité à travers l’utilisation des engrais s’annonce une condition pour un décollage agricole dans le continent ». Aziz Akhnouch, a souligné que le rôle de l’Etat est incontournable dans la réalisation de tels objectifs. Pour l’officiel marocain, les gouvernements des pays africains doivent encourager l’utilisation des fertilisants à travers « la sensibilisation, la vulgarisation des engrais, la recherche scientifique », avant d’expliquer que l’OCP a la capacité de s’engager pour mener à bon port la révolution verte de l’Afrique. Prenant exemple sur son département, Aziz Akchnouch a révélé que son département a réussi à recouvrer 3,5 millions d’hectares d’engrais grâce notamment à l’OCP.

Si Aziz Akhnouch s’est montré satisfait des efforts déployés pour moderniser l’agriculture marocaine, Innocent Okuku, chef des services agricoles à Notore Chemical Industries Ltd, entreprise installée au Nigeria, veut gagner ses lettres de noblesse à travers un programme parfaitement adapté à l’air du temps. « Par le biais de la technologie mobile nous allons essayer d’approcher 1,5 millions agriculteurs pour leurs octroyer des subventions. Nous avons tenté d’appliquer un programme pilote dans 4 provinces du Nigéria. A la fin de ce mois d’avril, on prévoit le lancement officiel du système qui devra attribuer aux agriculteurs de 16 provinces des bons électroniques pour financer des projets agricoles ». Innocent Okuku précise que le financement de ces projets suivra automatiquement grâce, notamment, aux services situés dans les quatre coins du Nigeria. Pour cet expert, dans un pays ou 70% de la population vit de l’agriculture, les petits producteurs sont un élément dans l’équation des solutions et non pas des problèmes.

En guise de conclusion aux travaux de cette première journée FMB Africa, Baba Dioum, coordonnateur de la Conférence des ministres de l’Agriculture d’Afrique de l’Ouest et du Centre CMA/AOC, a affirmé que seul un fort partenariat public-privé peut sauver le continent des crises alimentaires. Les crédits avec de faibles taux d’intérêts sont recommandés. La commercialisation par la suite semble un maillon important dans cette chaine qui devra encourager le citoyen africain à consommer les produits nationaux.

Sanae Taleb, envoyée spécial à Agadir
 
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