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Golfe de Guinée: enjeux sécuritaires autour du pétrole Version imprimable
21-04-2009

Securité

Le Golfe de Guinée est au centre de gros enjeux pétroliers qui suscitent des envies diverses. Occasionnant des différends, y compris armés, qui en font une région à risques.

Par Achille Mbog Pibasso, Douala

 

Le Golfe de Guinée disposerait d’un des plus grands gisements sous-marins de pétrole connus au monde, soutiennent de nombreux spécialistes. Avec 24 milliards de barils de pétrole de réserves prouvées, cette partie du continent, qui est une synthèse de l’Afrique occidentale et de l’Afrique centrale, est de loin la première région pétrolière africaine, avec des pays comme le Nigeria, l’Angola et la Guinée équatoriale, qui figurent au peloton de tête des producteurs de pétrole du continent. Rien d’étonnant que sur les 9 millions de barils de pétrole produits quotidiennement en Afrique, cinq millions de barils, donc plus de la moitié, proviennent du Golfe de Guinée.

Ces derniers mois, l’Angola, le Nigeria, le Cameroun, la Guinée équatoriale et le Gabon ont connu des attaques ciblées ou des menaces d’attaque liées aux ressources pétrolières.

Sur la base d’études fiables, des analystes soutiennent qu’au cours de la prochaine décennie, le Nigeria, et dans une moindre mesure l’Angola, qui constituent le duo de tête, pourraient produire cinq millions de barils par jour, pour peu qu’on mette fin à l’insécurité entretenue par les mouvements rebelles qui s’attaquent aux installations pétrolières, notamment au Nigeria. La Guinée équatoriale, dont la production de pétrole lui a permis une croissance économique à deux chiffres depuis une dizaine d’années, devrait connaître une hausse de sa production au-delà du plafonnement décidé depuis cinq ans par le gouvernement, qui serait de plus de 700 000 barils/jour actuellement. Aux côtés de ces géants, on compte des producteurs moyens et petits, le Gabon, la Côte d’Ivoire, le Congo, le Cameroun…, qui font partie de l’Association des pays producteurs de pétrole d’Afrique (APPA). Ces derniers mois, l’Angola, le Nigeria, le Cameroun, la Guinée équatoriale et le Gabon ont connu des attaques ciblées ou des menaces d’attaque liées aux ressources pétrolières. A cela s’ajoutent des enlèvements et des attaques récurrents des navires voués à l’exploration et à l’exploitation pétrolières.

 

Actions concertées

Visiblement, l’or noir, qui est au centre de gros enjeux, constitue un sujet de préoccupation majeure qui intègre à la fois des données régionales, continentales voire internationales. A ce sujet, la communauté internationale, en l’occurrence les Etats-Unis et la France, multiplient des actions concertées avec les pays limitrophes dans la perspective de sécuriser cette région stratégique. Selon des experts, les pirates profitent de la lourdeur des rouages administratifs entre les Etats, et tirent avantage d’une configuration géographique morcelée pour opérer en toute quiétude. D’où la nécessité d’une coordination des actions d’intervention. Fin mars dernier, la France a organisé à Douala un séminaire sur les enjeux sécuritaires dans le Golfe de Guinée, en déployant à l’occasion « Le Tonnerre », considéré comme le premier bâtiment militaire à propulsion entièrement électrique. Pendant que la France boucle sa formation, c’est au tour des Etats-Unis d’ouvrir la leur, avec l’arrivée début avril courant au Cameroun du navire USS Nashville en vue de former et de recycler la marine camerounaise dans la surveillance et la protection des côtes.

 
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