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Grande Bretagne : Une élection hollywoodienne chez les travaillistes Version imprimable
26-09-2010

Le nouveau patron des travaillistes émerge tout droit du système Gordon Brown où il n’a jamais les premiers rôles. Plus à gauche que son adversaire de frère, il ne semble pas pour autant disposé à la révolution.

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Le duel a tenu en haleine tous les citoyens de sa gracieuse Majesté. Au final El Miliband bat son frère d’un point, à 50,6% contre 49, 4%, ouvrant ainsi une nouvelle ère pour le parti travailliste en convalescence depuis la défaite de Gordon Brown. Dans cette ambiance post crise où les ouvriers anglais ont été éprouvés par l’une des plus fortes crises de l’histoire du capitalisme, l’élection s’est faite selon le critère de «qui est le plus à gauche ». Dans ce registre, le discours d’ Ed Miliband, 40 ans, était plus en accord avec un pays ébranlé par le modèle Thatchérien que les propos de son frère de 45 ans, déjà usé par une exposition plus ancienne aux médias britanniques. Pourtant malgré cette prime au «jeunisme » apparemment à la mode aussi bien à gauche qu’à droite, la rue londonienne ne cède pas à une trop grande joie. Le nouveau patron des travaillistes émerge tout droit du système Gordon Brown où il n’a jamais joué les premiers rôles. Son fait d’arme remonte aux récentes négociations de Copenhague où, en ministre de l’environnement, il a séduit la jeunesse britannique, plus attentive au réchauffement climatique qu’aux batailles idéologiques gauche/droite. Bien que plus à gauche que son frère, Ed Miliband ne semble pas prêt à se départir assez fortement du «New Labour » qui a valu à Gordon Brown la rupture avec son électorat. Sa première mission reste l’unification du parti, fissuré au terme d’une âpre lutte pour le pouvoir. «Le voyage commence aujourd’hui », claironne-t-il, en attendant un grand discours, mardi, lors d’un congrès prévu à Manchester. Ce ne sera qu’un hors d’œuvre car les premières batailles, rudes, ne commenceront pas avant le 20 octobre, avec le débat sur les coupes budgétaires. Un piège ouvert selon les politologues britanniques qui parlent de véritable test grandeur nature.

M.C

 
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