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Guinée: La Cour d’appel de Conakry rouvre le procès des narcotrafiquants Version imprimable
15-08-2010

Un mois seulement après la mise en liberté provisoire de Ousmane conté, fils du défunt général- président guinéen, Lansana Conté, le procès des présumés cerveaux et commanditaires du trafic de drogue a rouvert à la Cour d’appel de Conakry.

Par Ismael Aidara, Envoyé spécial à Conakry

Suspendu en mi-juin dernier, pour permettre au bon déroulement de l’élection présidentielle en Guinée, le procès des narcotrafiquants qui épingle Mamady Kalo, Charles Pascal Tolno et Saturnin Bangoura, frère de l’ex première dame, Henriette Conté , a repris sur la demande de la défense des accusés emprisonnés depuis leur première audition qui remonte à février 2009 pour complicité de réseau interne et externe et trafic de drogue.

Ousmane conté

Cette comparution des prévenus relative au dossier du narcotrafic en Guinée qui intervient à un mois après que le fils du défunt général Lansana Conté, Ousmane Conté, bénéficie d’une liberté provisoire a été précipité -selon une source judiciaire- par une demande de la partie chargée de la défense du groupe des accusés auprès de la Cour d’appel.

Le président de la Cour d’appel de Conakry, Doura Chérif, qui s’est évertué à enrichir le dossier d’instruction des narcotrafiquants en apportant des éléments d’investigations nouveaux avant même la date du procès a décidé au cours de la comparution de mettre à la disposition des parties ledit document.

La partie civile qui a balayé d’un revers de main la requête formulée par la défense auprès de la Cour d’appel composée des jurés et d’assesseurs de mise en liberté provisoire de Mamady Kalo, Saturnin Bangoura, Charles Pascal Tano et compagnie, a exigé leur maintien dans les geôles jusqu’à leur non culpabilité soit admise et avérée.

Selon un des avocats de la partie civile, contacté par Les Afriques, « jusqu’à ce jour les accusés via leurs avocats n’ont pas notifié officiellement à la partie civile la demande de mise en liberté de leurs clients. Il n y a pas de justice à deux vitesses. »

Après plusieurs heures de comparution des accusés à la barre, la Cour d’appel a demandé un réexamen du dossier par les différentes parties les jours à venir avant la poursuite du procès. La Guinée, pays pauvre de l’Afrique de l’Ouest malgré son sous-sol riche mais inexploité a servi de tampon ces deux dernières décennies aux cartels narcotrafiquants en complicité avec la haute sphère de l’Etat. Depuis l’arrivée de la junte militaire au pouvoir, suite au décès du président Conté, l’étau se resserre autour des personnalités soupçonnées et impliquées dans ce gigantesque réseau de trafic de cocaïne.

 
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