Hambourg : L’Afrique au cœur du G20? Version imprimable
07-07-2017
Les 20 pays les plus industrialisés de la planète sont en Sommet depuis ce matin à Hambourg, en Allemagne. Outre l’Afrique du Sud, pays membre, la Guinée et le Sénégal sont invités d’honneur pour une rencontre qui devrait placer le continent au centre de son agenda.
Le Sommet du G20 reste un moment où les grandes décisions de la planète se décident. Hambourg 2017 ne devrait pas faire exception. Si les déficiences en infrastructures, en énergie, les tensions sur le commerce, les migrations placent l’Afrique au cœur de l’agenda des débats, ceux-ci n’occulteront certainement pas les thématiques sur les changements climatiques, sur les frictions américano-européennes sur le commerce de l’acier, singulièrement après le fameux America First, si cher au président américain Donald Trump, la première rencontre entre celui-ci et son alter ego russe, Vladimir Poutine… Mais dans le souci de sa crédibilité, ce forum mondial ne se voilera pas la face pour s’engager dans des changements de paradigmes dans les relations Nord-Sud que dicte le dividende démographique africain. Avec un continent qui va compter 2,5 milliards d’âmes en 2050, dont plus de la moitié sera âgée de moins de 25 ans, c’est le moment de s’impliquer dans la construction d’un futur commun. Les présidents Alpha Condé de la Guinée et de l’Union africaine, et Macky Sall du Sénégal militeront avec leurs pairs des 20 pays les plus industrialisés, afin que les défis soient transformés en opportunités.

Un tournant
À Hambourg, beaucoup d’espoirs sont mis dans le Plan de 3 ans Compact With Africa, à mettre en œuvre d’ici fin 2017 pour les États fragiles et moins avancés. L’alliance concrète, qui est attendue, au profit de la jeunesse africaine, va s’inscrire dans la réalisation de projets prioritaires dans l’éducation, l’emploi et l’émancipation des jeunes. Le tournant sera de faire de ces jeunes à la fois des opérateurs économiques et des acteurs de la vie politique. Ils pourraient ainsi participer à la gestion de leurs communautés respectives et à la construction d’un avenir commun. Le G20 est sollicité pour apporter son soutien au partenariat mondial pour l’éducation, au Fonds Education Cannot Wait, à la nouvelle facilité, proposée par le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, afin de combler par des financements innovants un déficit de 9 milliards € dans le secteur de l’éducation. La bonne gouvernance et la transparence ne seront pas en reste et devront être encouragées, voire exigées. Quant aux pays du Sud, il leur revient surtout de s’impliquer dans ces combats sans faire l’économie de leurs efforts pour un développement inclusif. L’Afrique ne se développera pas par les autres…

Daouda MBaye, rédacteur en chef
 
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