Interview Adama Ndiaye, président de la Fanaf : «Assurance en Afrique : Changer de paradigmes» Version imprimable
20-02-2017
En marge de la Conférence et Assemblée générale annuelle de la Fanaf, tenues récemment à Marrakech, Adama Ndiaye, président de la Fanaf, est revenu pour nos lecteurs sur ce rôle non moins important des compagnies d’assurance consistant à financer l’économie. La profession consent à y aller, avec les bons fondamentaux, à condition qu’un travail de sape soit effectué par tous pour redorer le blason des Bourses africaines et leur extension.
Les Afriques : J’ai comme impression que les assureurs africains se concentrent un peu trop sur leur métier et omettent leur rôle important de mobilisateurs de l’épargne longue qui permet de financer les entreprises, en particulier, et l’économie, en général...
Adama Ndiaye : Oui, nous sommes conscients de ces outils en notre profession, mais la profession d’assureur comporte deux volets. La sécurisation des biens et des investissements, et puis le financement de l’économie. Ce second volet découle de notre profession, du fait que nous mobilisons de l’épargne longue. Cependant, nous ne sommes pas obligés de placer cette épargne selon nos desiderata, il existe une règlementation scrupuleuse à respecter. Aujourd’hui, il y a énormément de compagnies d’assurance qui concourent au financement de l’économie, mais un autre grand nombre rencontrent des difficultés et font face à une certaine fragilité. Une fragilité induite d’une forte pondération de frais généraux. Sur une prime de 100, dont 15% devrait aller vers les frais généraux et 30% vers les acquisitions, si au contraire c’est une part de 40%, voire 50%, qui est affectée aux frais généraux, il n’y a pas suffisamment pour financer l’économie. Toute la problématique des débats est à ce niveau… C’est pourquoi nous nous posons la question de savoir que faire pour inverser cette tendance.

Outre la règlementation, est-ce que la multiplication de places financières ne pourrait pas aussi aider à améliorer ces ratios?
Les places financières peuvent bien entendu aider à aller dans ce sens. Mais si vous prenez le cas de la BRVM, elle n’est pas assez capitalisée… Et dans nos pays, nous n’avons pas un niveau d’inclusion financière suffisant pour multiplier de telles places financières. La BRVM est une belle initiative, la restructuration du marché en est aussi une, mais cette dernière passe par des concessions extrêmement douloureuses. La CIMA vient de porter l’estocade à 5 milliards, est-ce le bon niveau? N’est-il pas excessif? L’avenir nous le dira. Il reste que toute mesure doit être modulée, du fait que nous sommes sur des niveaux d’intégration du marché différents, et tout simplement des marchés différents. La somme de 5 milliards de f CFA en Côte d’Ivoire n’est pas la même chose en République centrafricaine… Toute la contestation vient de là.

La suite à lire dans le prochain numéro du magazine.

Propos recueillis par Daouda MBaye à Marrakech
 
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