Interview Atta Bola, directrice marketing et communication UBA Group : «Seule compte la performance» Version imprimable
06-03-2017
À travers cette interview exclusive, Atta Bola met en lumière l’engagement connu des femmes en général, pense qu’en termes de genre le monde avance dans la bonne direction, tout en insistant sur la formation à octroyer aux filles au même titre que les garçons… Aussi, elle défend l’idée que les femmes, une fois impliquées dans le processus de développement, ont assuré leur rôle… Notre lectorat profite des propos d’une femme leader.
Les Afriques: Quelles ont été les importantes contraintes auxquelles vous avez fait face dans votre vie professionnelle et qui sont liées à votre statut de femme?
Atta Bola : Je dois dire que j’ai été particulièrement chanceuse parce que les domaines dans lesquels j’ai travaillé ont toujours été majoritairement féminins. Dans les médias, les femmes ont moins d’obstacles que dans d’autres professions. Depuis mon poste actuel de directrice de la communication du groupe UBA, je pense que beaucoup de respect est accordé aux femmes. Les filiales africaines dirigées par les femmes comptent parmi les meilleurs résultats enregistrés à travers le groupe. Aucune de nous n’est limitée par la question du genre. Ce qui est pris en compte, c’est la performance.

Aujourd’hui que la femme a prouvé ses compétences, croyez-vous que le combat du genre soit désuet? Si non, pourquoi?
Oui, je pense qu’il y a plus d’avantages à être une femme auxquels on devrait accorder plus d’importance qu’aux éventuels désavantages. Nous avons parfois eu des avantages du fait même d’être des femmes comme le fait d’occuper certaines positions où, grâce à nos prédispositions naturelles, nous étions les mieux outillées.
Je pense que le monde avance dans la bonne direction à propos de l’égalité du genre. Nous devons juste nous assurer que nos filles seront scolarisées au même titre que les garçons. Avec le même niveau d’éducation, rentrer dans le monde du travail et faire de belles performances devient plus facilement réalisable pour elles.

Vu les proportions de femmes dans les populations actives dans de nombreux pays, n’est-ce pas un gâchis que de marginaliser cette frange?
Bien sûr que cela est un gâchis, car on voit le potentiel qui existe en accueillant plus de femmes dans le monde du travail. Figurez-vous que 50% de la population des adultes capable de travailler au Nigéria est marginalisée. Et pourtant, ça aurait pu être des trentaines de millions de personnes en plus sur le marché qui auraient pu stimuler l’économie de façon considérable.
D’ailleurs, comme exemple, on a la Révolution industrielle, au cours de laquelle plusieurs pays occidentaux ont subi de grands changements et réalisé d’énormes progrès, une fois que les femmes avaient un rôle plus important sur le marché de travail. Il est donc évident que cela est un gâchis. Par contre, on semble progresser rapidement vers un meilleur mode de vie à cet égard.

La suite à lire dans le prochain numéro du magazine.

Propos recueillis par Daouda MBaye
 
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