Interview Françoise Bastide, coordinatrice FAID : Un rêve se réalise à Dakhla Version imprimable
02-10-2017
Le miracle, qui se réalise à Dakhla, sera partagé par ceux qui participent à la FAID. Un miracle qui a un socle et qui pourtant naît de cette capacité de transformer des contraintes en opportunités. Françoise Bastide, coordinatrice FAID, partage avec nos lecteurs un succès mis en avant par cette foire qui ambitionne de contribuer à positionner Dakhla en hub africain.
L’agriculture se développe à Dakhla, un environnement désertique. Cela relève-t-il du miracle?
La différence entre un jardin et un désert, ce n’est pas l’eau, c’est l’homme. De l’eau, on peut toujours en trouver, mais c’est cette volonté de contourner toutes les difficultés qui permet d’avoir des résultats probants. Nous avons constaté que, dans tous les domaines, chaque fois que le Maroc a été confronté à des contraintes, il les a transformées en opportunités.
De prime abord, cela paraissait impossible de faire de l’agriculture dans un milieu aride, sachant que pour le cas d’espèce, sur une moyenne décennale, nous avons 8 mm de pluies par an. Mais fort heureusement, l’intelligence de l’homme, le travail forcené des uns et des autres… sont au rendez-vous, pour arriver à de tels résultats à Dakhla. Les tomates cerises produites ici font 2 000 km pour se retrouver sur les tables européennes, alors qu’il s’agit d’une denrée périssable. Elles arrivent sur les assiettes de Saint-Pétersbourg et rivalisent avec les meilleures sur le marché! C’est tout de même extraordinaire.
Vous savez que cette tomate est le fruit de beaucoup de recherches. Il est utile de savoir que la tomate de la ferme agricole de Tawarta n’est pas la même que celle qui est produite à 60 km de là...

Mais aussi, derrière le miracle de Dakhla, qu’y a-t-il?
Cette région de Dakhla-Oued Eddahab est inscrite dans la mémoire nationale. Ce n’est pas pour rien qu’on dit que le Maroc est un royaume et diffère de nombreux autres pays. La monarchie est une boîte d’informations qui conserve la mémoire du peuple. Quand le roi s’exprime, on l’écoute. À titre d’exemple, lorsque le roi Hassan II lance la Marche Verte – je rappelle juste que mon mari y a participé –, ils se sont levés comme un seul homme. Et à ce moment-là, il n’y avait plus rien qui comptait. Un tel engouement est magnifique.
Sur cette terre, le tourisme a pu se développer, du fait qu’on est loin de tout, qu’il y a beaucoup de vent… Mais aujourd’hui, toutes ces contraintes ont été transformées en opportunités. Le spot de Dakhla est couru maintenant par tous les kitesurfers du monde.

Quelle est votre plus grande satisfaction au sortir de cette deuxième édition de la FAID?
Ma plus grande satisfaction c’est que lorsque quelque chose se passe à Dakhla, tout le monde fait un effort. Les coopératives font un énorme effort pour être présentes. Certaines ont fait plus de 2 000 km pour être là et présenter leurs produits. Dans l’avenir, la FAID va s’ouvrir de plus en plus vers l’Afrique, dans la mesure où Sa Majesté veut faire de nous un Hub africain. C’est la vocation de cette région qui est immense. Elle est grande comme la Tunisie, l’Islande, le Nicaragua… pour donner un ordre de grandeur. C’est une région où il y a tout à faire. On arrive à peine au début de la mise en valeur.
Il y a quand même une étude éthique à faire avec toutes ces unités nichées au creux des falaises et rives de la lagune pour qu’elles ne l’abîment et s’y intègrent… On a invité des agricultures solidaires, des réseaux d’agriculture bio, parce que c’est l’avenir. Ma plus grande satisfaction a donc trait à la présence de tous ces gens. Et mon coup de cœur ira au Nigéria, ce grand pays d’Afrique – avec qui je ne dirais pas qu’il y a eu un malentendu, parce qu’ils étaient mal informés sur notre histoire, nos réalisations, sur la vérité de notre cause sacrée, le Sahara – en venant, ils s’en sont rendu compte. En invitant ce jeune président de la Chambre de commerce et d’industrie (Ndlr : Tony Ejinkeonye) visiter nos marchés, les différentes réalisations, le malentendu ira s’estompant.
Il ne faut pas perdre de vue que cette notion d’empire chérifien est loin du concept d’empire de frontières, mais de projets humains sur terre. Au départ, c’est la spiritualité, la paix, les échanges, le commerce, le mélange des cultures… Le message implicite c’est que tout projet humain doit avoir une base éthique. Se pose alors la même question en substrat, à savoir est-ce que c’est bon pour l’homme? ou encore est-ce que cela grandit les êtres humains? Nous sommes confiants que de belles choses sont à naître. Tout n’est pas parfait, mais nous sommes en marche vers encore mieux.

Déjà vous songez à une 3ème édition, qu’est-ce qui va changer?
Nous travaillons sur cette prochaine édition et en collaboration avec le SIAM (Ndlr : Salon international de l’agriculture de Meknès) qui est notre «grand frère». D’ailleurs, le commissaire général de ce salon, Jaouad Chami, est très attentif à ce que nous travaillons en symbiose, en complémentarité du SIAM.
Aussi, nous comptons nous ouvrir davantage sur l’Afrique, afin de concrétiser cette politique de fraternité de l’autre, pour mieux nous comprendre, mieux nous aider les uns les autres. Notre atout vient du miracle marocain. Toujours au Maroc, c'est le leadership du Roi qui amorce la naissance d'une nouvelle réalité.

Propos recueillis à Dakhla par Daouda MBaye
 
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