Interview Salaheddine Mezouar, Maroc Version imprimable
02-02-2017
33 ans après son départ de l’ex-OUA, le Maroc réintègre l’Union africaine au terme d’un processus diplomatique accéléré. Juste après le discours historique prononcé par le Roi Mohammed VI à la tribune de l’Union africaine, nous avons rencontré Salaheddine Mezouar, ministre marocain des Affaires étrangères.
Les Afriques : Que ressentez-vous à l’instant où le Maroc vient de retrouver son siège au sein de la grande famille africaine?
Salaheddine Mezouar : C’est un grand jour pour l’Afrique, c’est un grand jour pour le peuple marocain aussi, c’est un moment historique rempli d’émotion. Le Maroc fait son grand retour, je suis comblé par un sentiment de joie et de fraternité que nous partageons avec tous les peuples représentés ici au sein de l’Union africaine. C’est le retour d’un grand artisan de la création de l’OUA. Comme vous le savez ici à Addis-Abeba, en 1963, sous l’impulsion du Roi marocain de l’époque qui faisait partie du groupe dit de Casablanca, l’Afrique décida de conjuguer ses efforts d’unité pour libérer le continent du joug colonial. Ce fut le premier objectif fixé par l’OUA. Donc le Maroc est comblé de revenir à la maison.

Ce retour a-t-il été motivé par l’intensification des liens économiques ou y a-t-il un autre agenda?
Ce retour a été plus motivé par le renforcement de la coopération Sud-Sud et par la consolidation des liens d’unité qui nous lient avec l’ensemble des peuples africains.

Dans son discours, le Roi Mohammed VI a dit qu’en 1984, le Maroc a eu raison de partir, mais aujourd’hui nous avons mûrement réfléchi. Qu’est-ce qui s’est passé entretemps alors?
Oui, les conditions dans lesquelles le Maroc était parti en 1984 de l’OUA, tout le monde les connaît. On ne va pas refaire l’histoire. Cette décision prise à l’époque par le Maroc, quand on la remet dans le contexte, elle se justifie. Donc, le Maroc avait raison de quitter l’organisation de l’Unité africaine, dont il était un acteur clé lors de sa création. Le Maroc à cette époque avait éprouvé un sentiment de trahison. Aujourd’hui, l’Afrique a changé, l’Afrique a évolué. Il y a une nouvelle génération de leaders et de dirigeants pragmatiques qui ont un leadership qui traverse nos frontières. Nous répondons aussi à un appel fort de beaucoup de pays amis et frères. Car la place du Maroc ne peut pas être ailleurs qu’au sein de l’institution continentale. La démonstration a été faite à travers un soutien massif des pays qui se sont favorablement prononcés sur le retour du Maroc et la décision était sans appel. Même les pays qui avaient quelques réticences et avaient émis des réserves ont fini par adhérer au consensus qui se dégageait dans la salle. Ce fut une démonstration d’unité que nous tenons à saluer.

Vous avez parlé des pays qui avaient émis des réticences, voulez-vous faire allusion à l’Afrique du Sud et au Zimbabwe?
Vous avez vous-même été témoin de la manifestation du consensus autour de la question relative au retour du Maroc au sein de l’institution. Jacob Zuma a d’ailleurs appelé tout le monde à adhérer au consensus.

La suite à lire dans le prochain numéro du magazine.

Propos recueillis par Rodrigue Fénelon Massala
 
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