Interview Zakaria Fahim : «C’est possible de faire émerger des talents» Version imprimable
15-05-2017
Hub Africa a plus que jamais démontré son rôle de plateforme des investisseurs et entrepreneurs en Afrique. Zakaria Fahim, cofondateur du salon, lance un appel, entre autres, à travers cet échange, aux institutions africaines et internationales à se l’approprier, sans omettre les Business Angels africains.
Les Afriques : L’initiative est belle et commence à s’imposer dans l’agenda des décideurs. Quid du suivi?
Zakaria Fahim : Hub Africa c’est du business pour les PME… comme je l’indique dans ma signature électronique : «Qui veut aller vite, va tout seul, mais si tu veux aller loin, allons ensemble». Je l’applique dans la réalité. Toutefois, je n’arrive pas à comprendre pourquoi des acteurs majeurs ne sont pas présents aujourd’hui.

Les banques ne sont pas là, parce qu’elles pensent que nous sommes concurrents. C’est une erreur… nous ne sommes concurrents de personne. C’est un projet porté par des entrepreneurs et nous avons besoin de nos banques. Des banques desquelles nous sommes fiers et qui sont actuellement les porte-voix sur le continent. Il faut qu’elles comprennent que les projets comme les nôtres ont besoin de leur soutien. Des études à l’international ont démontré que pour réussir, il faut un bon financement et un bon accompagnement. Il faut qu’il y ait one top shop.

Y a-t-il alors des difficultés de sensibilisation et de communication auxquelles vous faites face? Aussi, attendez-vous des soutiens des institutions étatiques autres que celles du Maroc?
Ce qui est très important et que je répète souvent est : «Ne venez pas à Hub Africa si vous venez pour faire de la communication». Si votre objectif est d’y assister pour faire de la communication, c’est que vous n’avez rien compris. Aujourd’hui, nous faisons de la mise en service public. C’est que vous intégrez, vous vous inscrivez dans un cadre de partenariat public-privé et que nous sommes dans le prolongement de votre mission et nous voyons comment l’assurer ensemble. Aujourd’hui, la CCG (Ndlr : Caisse centrale de garantie) est rentrée dans cette logique. Il s’agit vraiment d’aller plus loin. Nous sommes en train d’organiser des rendez-vous entre des ministères gabonais et des structures, telles que la CCG, Maroc Export… pour partager les expériences.

Faites-vous des démarches similaires dans d’autres pays?
Au Sénégal, avec Alioune Guèye (Co-fondateur de Hub Africa et commissaire du salon), nous avons les bonnes connexions. Le président du jury des Awards n’est autre qu’Abdou Diop, président de la Commission de coopération Sud-Sud de la CGEM et expert-comptable… Nous nous entourons de personnes ressources de haut niveau, à même de faciliter le réseautage. Il faut être cohérent… pour maintenir l’engagement, et qu’il y ait un intérêt. Aussi, pour maintenir ce courant, il est nécessaire d’avoir une continuité… cela ne s’improvise pas.

Songez-vous à délocaliser le Hub Africa?
Aujourd’hui, avec les 5 pitchs que nous faisons, c’est une petite externalisation pour expliquer que c’est possible de faire émerger des talents. Mais un projet qui coûte, bon an mal an, 8 à 9 millions de DH, si on veut le faire, il faut qu’il soit porté au début par un gouvernement. Pourtant, actuellement, il existe des gouvernements qui dépensent beaucoup dans la communication…

Nous voulons être une ruche de contenus, que des participants repartent en disant nous pouvons le faire. Lorsque j’apprends qu’un porteur de projet, qui est arrivé en bus, il y a 5 ans, est aujourd’hui en train de faire du business en Chine ou en Europe, je suis agréablement surpris. C’est ce dont les entrepreneurs ont besoin. Ils veulent qu’on leur parle de cas concrets de ce genre.

Qu’attendez-vous des autres acteurs?
Nous avons besoin de relais, notamment dans les médias. Cela fait 5 ans déjà, 5 ans seulement… Hub Africa doit continuer et catalyser des projets internationaux. À l’image du Salon des entrepreneurs, aujourd’hui institutionnalisé, qui fait 12 millions d’euros, nous sommes sur la route. Nous, qui tutoyons l’Afrique, sommes conscients qu’il s’agit d’investir dans ce sens. Des investissements conséquents pour que cela réussisse. Il faut sortir de ce schéma «c’est un projet privé, porté par un tel». La chance, que nous avons, avec Maroc Export, c’est que nous arrivons à concrétiser. Ce que nous voulons maintenant, c’est consolider et fédérer. Nous avons besoin de nouveaux partenaires, de dimension internationale. Justement, nous sommes avec la BAD (Ndlr : Banque africaine de développement), en train de discuter avec l’UpM (Ndlr : Union pour la Méditerranée), la SFI… Il est important que nous, Africains, nous appropriions une telle manifestation. Dire «l’Afrique aux Africains» sans s’impliquer ne suffit pas. La progression du nombre de millionnaires en dollars sur le continent africain est de 126%, contre 70% dans le reste monde. Nous avons ainsi un quota d’indicateurs impressionnants…

Aussi, à tous ceux qui sont en quête de félicité, je demande de miser sur les projets innovants. Non seulement vous allez apporter de la valeur ajoutée, mais aussi devenir Business Angels, à l’image des Bill Gates, Steve Ballmer… Il faut s’éloigner de l’idée de faire chacun sa petite épicerie… Nous sommes de petits entrepreneurs, mais nous pouvons faire beaucoup de bonnes choses si nous avons la même vision.

Propos recueillis par Daouda MBaye
 
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