Kenya : Un pas en avant, deux pas en arrière Version imprimable
27-10-2017
Le deuxième round de l’élection présidentielle au Kenya risque de mettre KO debout la locomotive de l’Afrique de l’Est. Le scrutin du 26 octobre, émaillé de violences, qui ont fait au moins 3 morts, va se poursuivre samedi 28 octobre dans des comtés de l’ouest où il a été reporté hier.
Après l’annulation historique de l’élection présidentielle du 6 août dernier, par la Cour suprême du Kenya – une première en Afrique qui avait fini d’inscrire le nom de David Maraga sur les annales de l’histoire contemporaine – le reste du continent et le monde ont applaudi l’élan démocratique de ce pays. Hélas, ce fut un feu de paille. Non seulement des membres de la Commission électorale et des juges de la Cour suprême ont préféré s’exiler juste avant le vote bis du jeudi 26 octobre, mais le principal opposant au président sortant Uhuru Kenyatta, en l’occurrence Raila Odinga, a préféré boycotter le scrutin.

Pourrissement ou cohabitation
Hier, de violents heurts ont éclaté entre les opposants au vote et les forces de police, déployées pour permettre à ceux qui le désiraient d’aller accomplir leur devoir. Dans les quartiers chauds du fief de l’opposant leader de son parti ODM (Orange Democratic Movement) et de la Nasa (National Super Alliance) et de plusieurs formations opposées au pouvoir, les échauffourées entre la police et des militants et opposants ont fini par faire 3 morts au moins et plusieurs blessés. Dans des comtés de l’ouest, le vote a été reporté à samedi 28 octobre.

Les observateurs se demandent si le fils d’Oginga Odinga, ex-premier vice-président de la République kenyane, a adopté la meilleure stratégie face au fils du père de l’indépendance kenyane, Jomo Kenyatta. S’il est vrai que les investisseurs jugent que la crise ne sera que passagère, les descendants des pères de l’indépendance gagneraient à suivre leurs pas pour maintenir la cadence du dragon de l’Est africain, son véritable poumon de développement. Autant des pays comme l’Éthiopie, l’Ouganda, la Somalie, voire l’Érythrée et Djibouti maintiennent des réseaux d’échanges vitaux avec lui. Le boycott du premier a ouvert un boulevard au second. Pourvu que le taux de participation atteigne un quorum. A défaut, ce pays d’Afrique, à peine classé parmi ceux à revenus intermédiaires, nepourra bénéficier de l’apport de tous ses fils, fussent-ils Kikuyu ou Luo.

Daouda MBaye, rédacteur en chef
 
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