L’Afrique face au défi du financement des énergies renouvelables Version imprimable
06-06-2018
Le continent africain a besoin de 835 milliards de dollars au cours des deux prochaines décennies pour assurer les besoins énergétiques avec au cœur de la problématique, les énergies renouvelables.
Les énergies renouvelables, qu’elles soient l’énergie solaire, l’énergie photovoltaïque, ou la biomasse, connaissent un niveau de progression encourageant dans plusieurs pays africains. Ces énergies renouvelables d’après des experts seraient plus adaptées pour l’Afrique, non seulement parce qu’elles participent de la préservation de l’environnement, mais également parce que le continent africain regorge d’énormes potentialités en la matière. Une autre raison et non des moindres, elles sont adaptées aux revenus des Africains parce que pouvant se développer en petites structures, contrairement à l’hydroélectricité généralement plus onéreuse avec généralement un impact sur la nature.

Selon de fiables informations, l’Afrique a besoin de 835 milliards de dollars pour répondre aux besoins énergétiques au cours des deux prochaines décennies. C’est ce ressort d’un rapport publié en 2015 et toujours d’actualité, où McKinsey estime que cette enveloppe est nécessaire à l’horizon 2040 pour relever le défi des besoins énergétiques à travers le continent. Les énergies renouvelables sont donc au centre des questions économiques en Afrique. Un secteur présenté comme l’un des plus porteurs du continent mais qui fait face à un dilemme, entre répondre aux besoins de développement et préserver l’environnement. Pour ne rien arranger les choses, il y a un troisième problème qui se pose avec acuité, celui des financements. La problématique étant d’éviter une phase d’industrialisation hautement énergivore et destructrice de l’environnement.

Fonds d’investissements verts Plusieurs pays font figure de pionnier en la matière, et sur dix pays comptant le plus d’énergie alternatives, sept sont Africains. Selon une enquête de Vivafrik, les fonds d’aide au développement représentent actuellement une part importante des investissements verts. Parmi eux, l’on peut citer la Banque mondiale (BMl), le Fonds pour les technologies propres (FTP) et la Banque africaine de développement (BAD). Sauf que les financements qui en découlent correspondent à une logique de réduction des émissions de gaz à effet de serre qui favorise de fait les pays déjà industrialisés, à l’instar de l’Afrique du Sud. Traduction, il faut trouver un juste équilibre entre l’action climatique et les enjeux de développement, ce qui permettrait d’inciter les pays les plus pauvres à adopter des mesures climatiques significatives.

A coté des initiatives publiques, se multiplient des investissements privés même si les problèmes de gouvernance et la fragilité structurelle de nombreux pays africains au rang desquels la dette, l’instabilité sociopolitique constituent un frein. De même, le choix de partenariats publics-privés se développent, même si selon toute vraisemblance, il faut un recadrage pour éviter l’entourloupe. Autre mode de financement, le blending qui associe les fonds de développement internationaux aux investissements privés. Dans ce registre, concordent des experts, « les organismes peuvent par exemple se charger d’effectuer des études de faisabilité souvent coûteuses et fournir des garanties d’assurance pour les investissements dans les pays instables, laissant l’investissement productif en tant que tel aux acteurs privés ».

Plus de 70% d’Africains privés d’électricité
L’Afrique qui dispose d’un énorme potentiel, attire les investissements étrangers avec notamment la Chine qui se singularise parmi les autres puissances en investissant massivement dans le domaine de l’hydroélectricité. D’après sources proches du dossier, depuis le début des années 2000, plus de 60% des barrages hydroélectriques en Afrique sont financés et construits par les Chinois. Il n’y a qu’à voir la déferlante chinoise en Afrique centrale et de l’Ouest francophone naguère « pré-carré » de la France pour comprendre que le rapport de force est train de s’inverser sérieusement. Une percée qui s’explique par la disponibilité des financements et les coûts de réalisation généralement moins onéreux que ceux des partenaires traditionnels, que sont notamment les pays européens et ceux d’Amérique du nord.

Au demeurant, ces investissements concernent prioritairement la construction d’unités de production laissant en suspend, la double question de la recherche fondamentale et du soutien à la demande qui nécessitent eux aussi des investissements conséquents. Pour des observateurs, c’est autour de ces deux questions que tourne l’avenir de la compétitivité de l’Afrique d’autant que le continent bien que peu pollueur, n’en n’est pas moins confronté à la menace des changements climatiques. Les déserts progressent aussi bien au Sahara qu’au Kalahari, grignotant chaque jour qui passe, l’espace vital des riverains. Les conséquences de ces changements climatiques sont entre autres, l’augmentation du niveau de la mer et le réchauffement des eaux au moment où malgré des richesses énergétiques incommensurables en Afrique, 70% d’Africains n’ont pas accès à l’électricité.

Achille Mbog Pibasso
 
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