L’Assemblée annuelle de l’ONU : L’Afrique hausse le ton à la tribune Version imprimable
25-09-2017
L’édition 2017, tenue du 19 au 25 septembre, a axé ses travaux sur le thème «Priorité à l’être humain : paix et vie décente pour tous sur une planète préservée». Près de 30 chefs d’État africains ont fait le déplacement. Ils ont soulevé les questions du terrorisme, des conflits sur le continent et ont également échangé sur différents sujets et noué des partenariats. Ce qui n’a pas occulté des absences majeures.
Depuis le mardi 19 septembre, date d’ouverture de la 72ème session de l’ONU, plusieurs chefs d’État se sont succédé à la tribune de l’assemblée. Sur la trentaine de chefs d’État ayant fait le déplacement, le président nigérian, Muhammadu Buhari, a dénoncé fermement la situation en Birmanie, en comparant la crise du Myanmar à la Bosnie et au génocide du Rwanda. Également présent, le président Alpha Condé s’est positionné en avocat pour l’Afrique. S’adressant à ses homologues, le chef de l’État guinéen a tout d’abord rappelé l’éveil de l’Afrique déterminée à s’affranchir de son passé et à devenir un acteur majeur avec qui il faudra composer. À son tour, son homologue malien, Ibrahim Boubacar Kéita, également président en exercice du G5 Sahel (organe de lutte contre le terrorisme), s’est prononcé sur l’Accord de paix, l’insécurité au Mali et dans le Sahel, les défis de la force du G5 Sahel. Il a dénoncé la détérioration de la situation sécuritaire au Mali, qui, selon lui, sabote les efforts pour l’application de l’Accord de paix et la réconciliation. Son voisin sénégalais, le président Macky Sall, a estimé primordial de sauvegarder l’intégralité de l’Accord de Paris sur le climat, arguant que c’est l’avenir de la planète qui est en jeu, et a aussi plaidé pour une réorganisation du Conseil de sécurité et la protection des Rohingyas, en Birmanie. Toujours dans l’espace Cedeao, Roch Marc Kaboré, président du Burkina Faso, s’est prononcé devant l’assemblée pour la préservation de la paix et de la sécurité internationales, la lutte contre le terrorisme et l’extrémisme, l’éradication de la pauvreté, le développement durable et l’instauration d’un ordre international plus juste et plus humain. En Afrique australe, le président sud-africain, Jacob Zuma, a quant à lui appelé tous les dirigeants à apporter leur contribution pour l’amélioration de la vie des personnes vivant dans la pauvreté. Il s’est également prononcé sur la résolution de la question du Sahara et du conflit israélo-palestinien.

En Afrique centrale, le président gabonais, Ali Bongo, boudé par une partie de la communauté internationale depuis sa réélection contestée en 2016, a tenu un discours axé notamment sur le changement climatique et la crise en République centrafricaine, appelant à lever l’embargo sur les armes pour ce pays.

En Afrique du Nord, le président égyptien, Abdelfattah al-Sissi, a dans son discours appelé les Palestiniens à s’unir et à accepter une cohabitation paisible avec le voisin israélien. Le Maroc a été représenté par son ministre des Affaires étrangères, Nasser Bourita. Devant l’assemblée des Nations unies, il a axé son intervention sur l’intégrité territoriale du Royaume, la volonté de faire de l’Afrique une priorité multilatérale transversale, la contribution au développement durable, la promotion d’une approche humaine et solidaire sur l’immigration et le renforcement de la contribution du Maroc aux efforts multilatéraux de lutte contre le terrorisme.

Les grands absents
Autres chefs d’État africains présents à la 72ème session de l’Assemblée générale de l’ONU, l’Ivoirien Alassane Dramane Ouattara, le Congolais Denis Sassou Nguesso, l’Éthiopien Haile Mariam Dessaleign, le Rwandais Paul Kagamé, l’Équato-Guinéen Teodoro Obiang Nguema, le Ghanéen Nana Akufo-Addo, le Namibien Hage Geingob, le Centrafricain Archange Faustin Touadéra ou le Malawite Peter Mutharika, ainsi que le Camerounais Paul Biya et le très contesté Zimbabwéen Robert Mugabe. Toutefois, des absences majeures ont été notées comme celles d’Omar El Béchir du Soudan, d’Abdelaziz Bouteflika d’Algérie, du Roi Mohammed VI du Maroc, du Kényan Uhuru Kenyatta, du Togolais Faure Gnassingbé Eyadéma ou du Congolais (RDC) Joseph Kabila.

L’Afrique courtisée
En marge de cette session, les représentants africains ont eu des échanges bilatéraux et multilatéraux avec d’autres pays notamment dans le domaine du partenariat économique. Les États-Unis ont été particulièrement actifs dans ce domaine. Plusieurs chefs d’État ont assisté à deux rencontres américaines, notamment celle organisée par le think-tank Atlantic Council sur les relations États-Unis-Afrique. Un rendez-vous d’affaires entre investisseurs américains et dirigeants du continent s’est tenu à l’initiative du Corporate Council on Africa (CCA). Toujours côté affaires, le Premier ministre japonais a lui aussi profité de la rencontre pour organiser un sommet «Japon-pays africains membres non permanents du Conseil de sécurité». Plusieurs leaders africains y ont assisté et ont abordé des questions de sécurité et de coopération entre l’Afrique et le Japon. Cependant, l’un des sujets urgents aux enjeux les plus stratégiques pour l’Afrique a été celui de la sécurité et de la lutte contre le terrorisme avec la multiplication des foyers de tensions. La situation qui prévaut au Mali tout comme en Libye, en République centrafricaine, au Soudan du Sud, et la crise politico-sécuritaire en RDC ont fait l’objet d’une série de rencontres de haut niveau, sous l’égide de l’ONU, mais aussi d’autres organisations internationales impliquées dans la résolution de ces conflits qui plombent le développement du continent.

Maimouna DIA
 
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