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«La crise va augmenter les coûts des financements» Version imprimable
27-10-2008

Les résiliations des contrats miniers ont fait ces derniers mois de la Guinée un pays à risques. Ce climat de méfiance nourri par certains investisseurs risque de perdurer. Grégoire Leforestier, de Project Finance, Energy E&C Structured Debt, EMEA, explique que la crise actuelle pourrait également freiner les investissements bancaires dans le secteur minier. Interview.

Entretien réalisé par Ougna Camara, Conakry

 

Les Afriques : BNP Paribas est présente en Guinée à travers la BICIGUI. Quels sont les risques courus par cette banque dans le financement des projets miniers ?

Grégoire Leforestier : La position de la BICIGUI est un peu différente parce qu’elle est une banque qui est localisée en Guinée. Elle intervient sur le marché guinéen, mais pas directement sur le secteur minier. Pour nous, les risques dans le secteur minier sont essentiellement liés à la nature des projets qui sont financés. En tant que banquiers, nous devons sélectionner des projets que nous considérons comme ayant de bons fondamentaux, avec une capacité à rembourser leurs dettes. Je crois qu’il y a aussi un risque lié à l’environnement général guinéen. Ce qu’on appelle dans le langage bancaire le risque politique, ou le risque pays.

Les montages financiers que l’on met en place permettent de réduire le risque. Mais ne permettent pas de l’annuler complètement.

 

LA : Comment réduire ces risques pour encourager l’investissement bancaire ?

GL : Il y a des solutions. Les montages financiers que l’on met en place permettent de réduire le risque. Mais ne permettent pas de l’annuler complètement. C’est une première chose. Autre élément pour réduire le risque, c’est l’intervention d’organismes publics gouvernementaux comme les agences d’assurance crédit, les organismes multilatéraux, comme la Banque mondiale, qui permettent au secteur bancaire de réduire un peu les risques sur ses transactions.

 

LA : Quelles pourraient être à votre avis les conséquences de la crise actuelle sur les banques guinéennes ?

GL : La crise financière actuelle aura nécessairement des conséquences. C’est difficile de les évaluer tout de suite. Elles seront certainement au niveau de la capacité des banques commerciales à prendre des risques sur les transactions. A la fois en termes de volume de crédits que les banques commerciales pourront octroyer. Mais également en termes de durée de crédits qui pourront être octroyés et en termes de coût de financement. Je crois que la crise va avoir pour impact de réduire les durées, les volumes et augmenter les coûts des financements. Cela dit, dans quelle mesure et pour combien de temps ? Personne ne peut répondre à cette question. D’où l’importance des intervenants publics qui permettent aux banques commerciales d’être plus à l’aise avec le risque et d’intervenir sur des volumes plus importants à partir du moment où il y a des garanties.

 

LA : Vous avez pris part au Symposium Mines Guinée 2008. Quelles sont vos impressions ?

GL : Je pense que c’est effectivement très intéressant. Ce forum m’a permis de rencontrer beaucoup d’intervenants dans le secteur minier en Guinée. Egalement de mieux comprendre les problématiques de ce secteur et de ce pays d’une manière générale.

 
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