La recette de Christine Lagarde pour protéger les dettes souveraines africaines Version imprimable
11-06-2014
La patronne du Fonds monétaire international (FMI), Christine Lagarde, a exprimé ses craintes sur la progression à vitesse de croisière des volumes d’emprunts obligataires des pays africains. Leur taux de recours aux marchés financiers est passé de 5,63% en 2012 à 8,63% fin avril 2014. À qui profite donc la dette souveraine africaine estimée à plus de 11 milliards de dollars ?
La problématique de la gestion de la dette publique par les États africains se pose avec acuité et inquiète le Fonds monétaire international. La directrice générale de l’institution, Christine Lagarde, est montée au créneau pour demander aux pays africains d’être plus vigilants sur les volumes de la dette souveraine. Cette sollicitation des marchés financiers internationaux par les États africains visant à lever d’importantes ressources financières, jugée «effrénée» par bon nombre de spécialistes de la finance, a suscité une grande inquiétude chez la directrice générale du FMI. Pour Christine Lagarde, les pays africains, à ce rythme d’emprunts exponentiel, s’exposent à des dysfonctionnements conjoncturels économiques. Le couteau à double tranchant réside dans la cadence exponentielle des emprunts obligataires sur les marchés internationaux. 

«Les émissions obligataires représentent un financement supplémentaire, mais génèrent aussi une vulnérabilité supplémentaire. Les gouvernements africains doivent être plus prudents en vue de ne pas trop surcharger de dettes leurs économies», a averti Christine Lagarde. Selon un document du Fonds monétaire international, en 2013, les États africains ont levé 11 milliards de dollars sur les marchés obligataires contre 6 milliards en 2012. Alors qu’en 2000 les États africains n’avaient dû lever que la bagatelle de 1 milliard de dollars. Une goutte d’eau dans la mer. Le niveau d’endettement moyen au sud du Sahara qui se situe en deçà de 40% en moyenne est en nette progression depuis la crise financière de 2008. Le dernier rapport du FMI fait état d’un désir de plus en plus croissant des investisseurs étrangers à réaliser des placements sur le marché africain. Signe de vitalité économique du continent bien perçu par des institutions internationales comme la BAD (Banque africaine de développement) qui prévoit que les flux du portefeuille des IDE atteindront un niveau record de plus de 80 milliards de dollars à fin 2014 (soit 8 fois plus que la dette souveraine des États africains en 2013). C’est tout l’enjeu de la transformation de l’Afrique qui s’opère en douceur... 

Par Ismael Aidara
 
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