La révolution agro-industrielle Le grand défi de l’Afrique Version imprimable
01-07-2018
Dans la perspective de l’horizon 2025, les pays africains et les partenaires au développement se sont fixés pour objectifs la transformation de l’agriculture africaine en un secteur compétitif afin de créer des richesses et améliorer la qualité de vie.
Au sortir de la COP 22 de Marrakech la place de l’agriculture africaine a été érigée en priorité des priorités afin de permettre au continent de s’adapter au changement climatique. Jusqu’ici beaucoup a été dit et même trop dit sur l’agriculture africaine, son potentiel, ses opportunités en matière de développement et le rôle qu’il peut jouer pour l’avenir de l’humanité. Des années durant, la mobilisation en faveur du développement de ce secteur n’a à ce jour, pas permis de lever les principaux obstacles qui freinent sa croissance et empêchent les populations du continent d’en tirer un véritable profit. Des stratégies ont certes été mises en oeuvre dans certains pays ou régions avec quelques résultats satisfaisants mais qui sont loin des objectifs espérés et le secteur continue à traduire en acte tout le condensé de ce paradoxe africain qui fait qu’en dépit de ses immenses ressources, l’Afrique peine à assurer son développement.

Les négociateurs se sont donnés rendez-vous en 2018 afin de finaliser leur feuille de route ainsi que l’agenda de mise en oeuvre des actions qui bénéficieront des fonds prévus dans le cadre de la finance-climat. 2018 a été ainsi choisie comme l’année du début du grand bond de l’agriculture africaine. Celle où les initiatives devront être multipliées pour permettre au continent de développer ce secteur stratégique qui est confronté à d’énormes difficultés. La modernisation des infrastructures, l’accès à la terre, l’accès au financement, et l’industrialisation. C’est un constat qui fait désormais consensus auprès des experts ainsi que des principales institutions internationales et bailleurs de fonds engagés dans le développement de l’Afrique.

Potentiel grenier du monde
Actuellement, la population agricole en Afrique est estimée à plus de 530 millions et les projections pour 2020 indiquent qu’elle pourrait passer à 580 millions. Par ailleurs, la population qui vit de l’agriculture représente 48 % de la population totale du continent révèle une récente étude de la BAD. C’est que par rapport au reste du monde sur ces 30 dernières années, l’agriculture a absorbé la moitié de la population active. Alors que ce n’était le cas que de 30 % des populations actives en Asie et dans les pays les plus avancés, le nombre d’agriculteurs ne cesse de diminuer. Selon l’Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture (FAO), la production agricole doit augmenter de 60% pour que le monde puisse encore se nourrir en 2050. Avec ses 600 millions d’hectares de terres arables non cultivées, soit à peu près 60 % de l’ensemble des surfaces mondiales, le continent africain représente, en effet, l’un des plus grands pôles de croissance au niveau mondial.

C’est à juste titre que certains experts estiment que le «continent pourrait servir de grenier pour le monde». A condition que les moyens pour y parvenir soient mobilisés et efficacement drainés vers les secteurs prioritaires qui vont servir de locomotive au développement industriel du secteur. «Le passage à une agriculture moderne et commerciale est la clé de la transformation de l’Afrique et des conditions de vie des Africains, en particulier des ménages les plus pauvres vivant en milieu rural» ne cesse d’insister à différentes occasions, comme à la COP 22, Akinwumi Adesina, le président de la Banque africaine de développement (BAD). Autant d’argument qui plaident en faveur du développement du secteur, lequel pourrait s’appuyer sur les solutions innovantes qu’offrent la science et la technologie.

Fermes agricoles intelligentes
Leur expansion, grâce à l’utilisation de la biotechnologie moderne, de drones, de systèmes intelligents de gestion efficiente de l’eau et des nutriments, sont en train de transformer les exploitations agricoles en «fermes intelligentes ». C’est dire que l’Afrique doit donc investir davantage dans la science et la technologie pour avoir une agriculture plus efficiente et compétitive, et ainsi diversifier rapidement ses économies. La clé du succès en somme, réside dans l’industrialisation accélérée du secteur en misant sur les nouvelles solutions technologiques et en accédant au financement. C’est en ce sens que la révolution agricole sera effectivement en marche. D’autant plus que les deux premiers Objectifs pour le Développement Durable (ODD) que l’ONU a adopté pour l’horizon 2020, sont relatifs en effet à mettre fin à la pauvreté et vaincre la faim ainsi que l’insécurité alimentaire.

Pour assurer la sécurité alimentaire de l’Afrique, il faut parvenir à améliorer la productivité du secteur agricole et tirer des points de croissance. L’agriculture assure aujourd’hui la subsistance de plus de 70% des populations africaines, et en plus, le secteur offre une réelle opportunité de relever les défis socio-économiques les plus pressants des pays du continent. D’ailleurs dans le projet : «Nourrir l’Afrique», qui fait partie des cinq nouvelles priorités d’interventions de la banque panafricaine, celle-ci entend ainsi s’investir dans l’élimination de l’extrême pauvreté en Afrique, de la faim et la malnutrition en Afrique, à faire de l’Afrique un continent exportateur net de produits alimentaires et enfin, à hisser l’Afrique au sommet de la chaîne de valeurs mondiale.

Mathieu Nathanaël Njog
 
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