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La terrible équation de Guillaume Soro : réunifier ou partir Version imprimable
14-04-2010

Côte d’Ivoire. Après 37 mois à la Primature, Guillaume Soro est critiqué de toutes parts. Sera-t-il capable de résister aux nombreuses pressions du FMI et même de certains partis d’opposition, exigeant son départ ?

A la sortie de son entretien doublé d’une ballade sur la lagune Ebrié avec le chef d’Etat ivoirien, dimanche 11 avril, Guillaume Soro donnait l’impression de chercher ses mots. «Nous avons convenu qu’il était utile et nécessaire que l’accalmie et la tranquillité reviennent, et pour ce faire, nous allons parler aux uns et aux autres », a-t-il déclaré devant la presse restée sur sa faim. Un ton modéré qui tranche avec la virulence des déclarations du camp présidentiel qui ne ménage plus le chef du gouvernement. «Soro a été nommé premier ministre pour qu’il désarme ses troupes et réunifie le pays en 10 mois, de sorte que nous allions aux élections. Si au bout de 37 mois, il n’est pas capable de respecter sa part du contrat, alors, il nous faudra discuter avec celui qui est capable de désarmer les troupes des Forces nouvelles et réunifier la Côte d’Ivoire », déclare incontinent Pascal Affi Nguessan, président du FPI, parti au pouvoir. Des propos encore plus virulents chez Charles Blé Goudé, leader des jeunes patriotes et directeur adjoint de la campagne de Gbagbo : «si Les Forces nouvelles ne déposent pas les armes, ce sont les armes qui vont les déposer ». Dans le camp de Soro, les priorités vont d’abord à l’organisation des élections : «il faut valider rapidement la liste électorale pour faire avancer le processus et aller vers la tenue de l’élection présidentielle », rappelle Alain Lobognon, conseiller de Guillaume Soro, cité par Fraternité Matin et RFI.

 

Guillaume Soro

 

Bien plus que son autorité , passablement malmené par la dissolution du gouvernement il y a quelques semaines , Guillaume Soro doit faire face à l’exigence du camp présidentiel qui conditionne désormais toute tenue des élections présidentielles au désarmement et à la réunification du pays. Or, selon les informations, le leader des Forces nouvelles souhaiterait l’inverse : organiser les élections d’abord puis donner les clés d’un pays réunifié au futur président.

Décrié par les partisans de Gbagbo, pour qui il ne tient plus les mannettes du commandement des forces nouvelles, taxé par certains membres des autres partis d’opposition, d’avoir changé de camp, Guillaume Soro joue serré dans ce jeu de reports qui, à la longue, aura permis au président Laurent Gbagbo, de cumuler deux mandats au prix d’un seul. Le scrutin se tiendra-t-il avant la date butoir du 7 août, anniversaire du cinquantenaire de la Côte d’Ivoire ? Seul un certain Guillaume Soro y croit.

A.W

 
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