Lac Tchad : L’usage des drones par Boko Haram crée des inquiétudes Version imprimable
20-09-2017
L’usage des drones par la secte terroriste nigériane Boko Haram est source d’inquiétudes dans la zone du Lac Tchad, où l’on redoute l’augmentation du nombre des victimes terroristes.
L’utilisation à titre expérimental d’un drone par la secte terroriste nigériane Boko Haram, il y a quelques semaines au Nigéria, constitue un motif d’inquiétudes pour les pays de la zone du Lac Tchad confrontés à la guerre contre ce mouvement terroriste. D’après des informations proches du ministère camerounais de la Défense (Mindef), l’usage des drones par la faction d’Al Barnaoui, l’une des deux branches de Boko Haram, est «source d’inquiétudes». Selon des sources concordantes, cette branche de Boko Haram a utilisé, pour la toute première fois en fin d’août, «un drone d’observation». L’évènement s’est produit au Nigéria, dans l’État de Borno, précisément dans les environs de la forêt d’Allagarno, une des places fortes de Boko Haram.

D’après plusieurs sources, ce premier drone, qui a survolé une position de l’armée nigériane, a été abattu, sauf que «cela peut donner des idées à Shekau Aboubakar, dont ses partisans multiplient des exactions au Nigéria et au Cameroun, de transporter cette autre stratégie de destruction humaine au Cameroun», rapporte-t-on au ministère de la Défense.
L’usage des drones inquiète d’autant plus que le nombre d’attaques-suicides dans la région de l’Extrême-Nord du Cameroun a augmenté ces derniers mois, avec plus de 100 civils tués entre les mois de mai et d’août, contre à peine 56 victimes entre janvier et avril 2017. En plus de la hausse du nombre des attentats terroristes, l’on a assisté ces trois derniers mois à la recrudescence des prises d’otages et des incursions armées en territoire camerounais, une situation qu’on n’avait plus vécue depuis deux ans.

Moins de trois ans après la mise en place de la Force multinationale mixte (FMM), il ne fait l’ombre d’aucun doute que sur le plan militaire Boko Haram a été défait. Toutefois, cette organisation terroriste garde sa capacité de nuisance à travers des attaques terroristes dont le nombre de victimes n’a eu de cesse de croître. Une situation qui devrait amener la communauté internationale à appuyer les efforts des pays de la ligne de front, en l’occurrence le Cameroun, Niger, Nigéria et Tchad, dont non seulement le bilan humain est assez lourd (plus de 10 000 victimes) mais aussi les économies desdits pays ont été déstructurées, sans compter des centaines de milliers de réfugiés et de déplacés internes provoqués par les terroristes.

Achille Mbog Pibasso
 
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