Lancement du DAA (Dakar Agenda for Action) Version imprimable
15-08-2014
Dakar a réuni, les 14 et 15 juin 2014, le Sommet des chefs d’État pour le financement des infrastructures du Nepad. Portant sur «Libérer le potentiel de l’infrastructure de l’Afrique», il en est ressorti l’engagement de mobiliser des ressources financières internes.
L’Afrique entend rompre avec un passé de dépendance dans l’aide, aller plus vite, en gagnant du temps, et faire des résultats. C’est de bonne guerre, vu que le Nepad (Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique), par moments léthargique, a mis du temps pour se mettre en route. Au cours du récent Sommet des chefs d’État pour le financement des infrastructures à Dakar, au Sénégal, les décideurs ont effectivement soutenu que la politique de la main tendue est révolue et plaidé pour la mobilisation des ressources domestiques, afin de contribuer au financement des infrastructures. D’ailleurs, à l’issue de ce symposium, le «Dakar Agenda for Action», véritable feuille de route pour la réalisation des infrastructures prioritaires, a été publié. En sa qualité de président du Comité des chefs d’État et de gouvernement du Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique (Nepad), Macky Sall, chef de l’État du Sénégal, a délivré un message clair devant ses pairs africains (Yayi Boni du Bénin, Ibrahim Boubacar Keita du Mali et Goodluck Jonathan du Nigéria), et autres partenaires institutionnels. Le président du Sénégal a martelé que les besoins du continent en matière d’infrastructures sont certes urgents et énormes, mais que l’Afrique se veut désormais non comme un réceptacle de l’aide, mais comme un pôle d’opportunités, d’investissements et de partenariats. Parmi les solutions de réalisation des infrastructures, il est ressorti de la rencontre de Dakar que les Africains vont compter d’abord sur leurs propres moyens et ressources. La mobilisation des ressources domestiques sera ainsi auscultée. 

Intégration par l’économie
Reconnaissant les progrès significatifs du continent, en termes de croissance accélérée, dans un contexte mondial, et une gouvernance améliorée émanant d’institutions plus fortes et un leadership de plus en plus guidé par des obligations de résultats, Macky Sall n’a pas occulté qu’il reste des défis majeurs. Parmi ceux-ci, il a mis l’accent sur l’intégration par l’économie et les infrastructures d’interconnexion. De l’avis du président sénégalais, c’est toute la finalité du Nepad. Rappelons que cet ambitieux plan panafricain, à travers le PIDA (Programme de développement des infrastructures en Afrique), table sur 368 milliards de $ à réaliser sur la période 2012-2040, avec un volet de 51 projets nécessitant un financement de 68 milliards de $ sur 2012-2020. Justement sur ces derniers, 16 projets prioritaires (voir encadré) sont rigoureusement sélectionnés. 

Rattraper le retard
L’ambition est aujourd’hui de rattraper le retard. Les pistes sont à trouver dans l’ouverture, sans délai, de mécanismes de financement novateurs, singulièrement en Partenariat- public-privé (PPP) et autres alternatives. Pour ce faire, il va falloir rompre avec les modèles de financements classiques, trop liés à la volatilité des marchés des capitaux et tourner définitivement le dos à l’aide publique systématique. Entre autres solutions, le Fonds Africa50 de la Banque africaine de développement (BAD) qui sera doté de 100 milliards de $. Évoquant ces créneaux de financement, l’hôte du Sommet de Dakar a remercié et rendu hommage au président Jacob Zuma, coordonnateur de l’Initiative présidentielle pour la promotion des infrastructures en Afrique, à la Commission de l’Union africaine, aux partenaires (BAD, Banque mondiale, Commission économique des Nations unies pour l’Afrique, CEA, PNUD,…), aux partenaires bilatéraux et au secteur privé. 
Le DAA part du constat que le paysage économique actuel du continent est plutôt favorable et offre une occasion unique d’aborder collectivement le déficit des infrastructures par le financement de projets nationaux et régionaux prioritaires à fort impact. Les 16 projets, présélectionnés à la suite d’une réunion de groupe d’experts organisée dernièrement à Lusaka en Angola par l’Agence de planification et de coordination du Nepad, la CEA et le Comesa, seront ainsi réalisés le plus rapidement possible. À terme, la croissance à long terme inscrite dans les objectifs de l’Union africaine et du Nepad… une croissance qui permettra de favoriser la réduction de la pauvreté. Déjà la veille du Sommet, la réunion préparatoire déplorait que le manque d’infrastructures coûtait, bon an mal an, deux points de croissance au continent. 

Compter sur ses propres moyens
Aujourd’hui, l’Afrique entend mettre la main à la poche et mobiliser les ressources pour son développement. Carlos Lopes, secrétaire général adjoint de l’ONU et secrétaire exécutif de la CEA, soutenait que dans la mobilisation des fonds nécessaires, il est appréciable que l’Afrique prenne la responsabilité de financer ses infrastructures. Il a justement précisé que les ressources intérieures représentent près de la moitié des 90 milliards de $ dépensés au titre des projets d’infrastructure en Afrique. Le secrétaire exécutif de la CEA a pris à témoin les contributions non négligeables de pays africains dans le financement des infrastructures, tels que le Cap-Vert (44%), la Namibie (39%), l’Ouganda (28%) ou encore l’Afrique du Sud (24%). Même son de cloche du côté de Donald Kaberuka, président de la BAD, qui a présenté le Fonds Afrique50 dont l’objectif est d’accélérer le financement du développement des infrastructures. Il a soutenu que les Africains doivent tirer parti de leurs réserves limitées, et que c’est en cela que l’initiative Afrique 50 de la BAD, comme plateforme d’investissement des infrastructures visant à réduire sensiblement l’écart de financement des infrastructures, s’avère être une bonne opportunité. Les autres lignes de financement BAD, telles que l’investissement initial, proposé dans Project Finance Business Line à hauteur de 500 millions de $, ainsi que la contribution supplémentaire allant jusqu’à 100 millions de $ pour le développement de projets d’activités, ont été bien accueillies. 

Dans le sillage de l’Agenda 2063
L’échéancier établi au Sommet de Dakar insiste particulièrement sur le financement du développement de l’Afrique à partir de ses propres ressources financières, en adéquation avec l’esprit de l’Agenda 2063. Désormais, aucun effort ne sera ménagé pour s’attaquer frontalement aux contraintes de financement du développement qui sous-tendent les énormes lacunes de l’infrastructure, de l’insécurité alimentaire et d’autres secteurs essentiels pour stimuler le développement national et l’intégration régionale. 
Bien entendu, un Plan Marshall pour l’Afrique reste «une dette» des économies développées, mais aujourd’hui le continent noir affiche sa volonté de ne pas s’y accrocher vaille que vaille, et prend son destin en main. 

Daouda MBaye
 
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