Le capital investissement au Maroc dopé par les fonds de 3ème génération Version imprimable
11-04-2013

L’industrie a levé plus de 9 milliards de dirhams depuis ses origines. Les fonds de 3ème génération entretiennent la dynamique. L’amorçage reste marginal comparé au développement et à la transmission. Focus.

Les 36 fonds, 20 sociétés de gestion et 103 employés qui constituent le secteur du capital investissement au Maroc n’ont pas été gâtés par la conjoncture de l’année 2012. En effet, l’atonie de la Bourse de Casablanca, qui n’a fait teinter la cloche qu’une seule fois cette année là a déteint sur l’activité. D’après l’étude Grant Thornton Maroc, la part de contribution des sociétés mères dans les fonds gérés est inférieure à 10% dans 57% des cas, ce qui confirme la poursuite de la tendance à l’autonomie de gestion. Parallèlement, note l’étude, la gestion discrétionnaire croît notamment grâce à la politique des fonds dits de 3éme génération apparus dés 2011. Cette 3ème génération de fonds a vu la création de 2 OPCR, nouvelle forme juridique assurant aux fonds la transparence fiscale. Les fonds de cette 3ème génération proviennent à 64% d’investisseurs étrangers. A noter que la majorité des fonds sont localisés à l’étranger dans des zones offshores tels Jersey, l’île Maurice ou le Luxembourg.

Autre grande tendance de l’année 2012, la poursuite de la collecte des fonds avec la création de 4 fonds :3P Fund, PME Croissance, EMerald Fun et CNAV2. Pour les dirigeants de l’association marocaine du capital investissement (AMIC), il s’agit là du témoignage de la confiance des investisseurs à l’égard de l’industrie marocaine du Capital Investissement et plus particuliérement de la confiance des organismes de développement internationaux dont émanent 52% des capitaux levés depuis 2011. Parmi les faits marquants, l’on note aussi l’intervention de l’Etat marocain à travers 2 fonds public publicprivé (3P Fund et PME Croissance), qui représentent 15% des fonds levés. Bref, c’est dire du dynamisme de l’industrie du capital investissement au Maroc qui évolue en dépit d’une conjoncture particulièrement sévère pour les marchés des capitaux. Le secteur a levé 9,39 milliards de dirhams depuis ses débuts qui remontent à l’orée des années 90. Les fonds encore disponibles pour l’investissement représentent 3,9 milliards de dirhams issus principalement des fonds de 3e génération créés à la fin de l’année 2012 et des dernières poches encore non investies des fonds de seconde génération (2006-2010). Plus que par le passé, la tendance transrégionale des fonds de 3ème génération, amorcée en 2011, se confirme en 2012. A l’inverse, la tendance sectorielle des fonds de seconde génération s’amenuise puisque le seul fonds sectoriel créé depuis 2011 est Emerald Fund.

Investissements et désinvestissements

D’après l’étude, les montants investis en 2012 s’élèvent à 307 millions de dirhams avec 16 investissements.Le total des investissements à fin 2012 atteint 3,6 milliards de dirhams dans 140 entreprises dont 98 encore en portefeuille. Le ticket moyen est de 23 millions de dirhams et les investissements sont réalisés pour les trois quarts en fonds propres dans les entreprises cibles. Peu de changement cependant dans la répartition des montants investis. Avec 2%, le capital risque est toujours le parent pauvre de l’activité alors que le développement et la transmission se taillent la part du lion avec respectivement 64 et 27% des investissements en valeur. Normal, ce sont ces deux segments qui alignent les meilleures performances. En effet, le TRI brut - hors frais de gestion et IS - moyen pondéré par sorties et par stade de développement se situe aujourd’hui à 0% pour l’amorçage et le risque, 14% pour le développement et 28% pour la transmission. La performance reste donc portée par le capital développement et transmission. Du point de vue sectoriel, l’industrie connaît un intérêt renouvelé depuis 2011. Idem pour les BTP et les services. Sur le plan géographique, la part du Grand Casablanca se réduit au profit de diverses régions ; S’agissant du désinvestissement, l’étude répertorie 12 opérations en 2012, soit un total de 148 millions de dirhams. Le cumul des exit depuis 2000 se chiffre quant à lui à 1,8 milliard de dirhams. Depuis 2006, sur les 30 entreprises introduites à la Bourse de Casablanca, 8 d’entre elles avaient été accompagnées par des investisseurs en capital, soit 27% des introductions. Depuis 2011, face à une activité boursière au ralenti, la majorité des désinvestissements en valeur sont industriels.

Performances et prévisions

La durée moyenne d’investissement est de 5,2 ans. A fin 2012, aucun fonds n’est entièrement désinvesti ce qui empêche le calcul du TRI net. Globalement, le secteur aligne un multiple de 1,8. Autrement dit, l’investisseur devra patienter en moyenne 1,8 an pour récupérer sa mise. D’autre part, le taux de croissance annuel moyen (TCAM) du chiffre d’affaires, de 16,4%, est supérieur à celui de croissance des effectifs des entreprises investies, lequel est de 9%. L’impact se mesure dans l’amélioration des normes de gestion et de la transparence. L’étude relève une évolution impressionnante de la RSE dès la prise de participation dans les entreprises investies ainsi qu’une amélioration drastique de la gouvernance : 100% des sociétés investies sont auditées, 99% disposent d’outils de reporting, 98% ont mis en place des indicateurs de performance et une politique de définition et de suivi des budgets. Bref, ces performances laissent entrevoir un avenir radieux pour le secteur. Avec les nouvelles générations de fonds, il est normal de voir l’investissement dans de nouvelles entreprises arriver en tête des challenges à relever.

 

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Par ailleurs, 39% des sociétés de gestion répondantes (18) comptent lever de nouveaux fonds en 2013. La majorité des sorties sont prévues en 2014 ou non encore planifiées en raison de récentes levées de fonds. Le Maroc reste la zone prioritaire d’investissement des fonds transrégionaux suivi par la Tunisie et l’Algérie. Les secteurs en liaison avec le consommateur final, tel l’agroalimentaire, les biens de consommation et les services font partie des secteurs prioritaires pour les 5 prochaines années. La diversité des zones géographiques envisagées témoigne de politiques d’investissement opportunistes n’excluant aucune région du Maroc. A.W (Source AMIC)

 
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