Le Président Yaya Jammeh prolonge son bail au State house Version imprimable
30-11-2011

Candidat à sa propre succession, Dr Yahya Jammeh a été réélu pour un quatrième mandat avec 72% des suffrages. Le président à la canne mythique demeure plus que jamais l’homme fort de Banjul.
Raclée historique

Arrivé à la tête de la Gambie en 1994, à la faveur d’un putsch militaire qui avait déposé l’ancien chef d’Etat, Dawda Kairaba Diawara, le président à la canne mythique a remporté haut la main le scrutin du 24 novembre dernier avec 72% des voix. Selon la CEIG (Commission Electorale Indépendante Gambienne), qui a rendu publics les résultats officiels de l’élection présidentielle vendredi dans l’après midi, le candidat de l’APRC (parti au pouvoir), Yaya Jammeh a tiré largement son épingle du jeu, face à ses adversaires de l’opposition qui avaient promis de le faire partir au soir du vote. Cette raclée qualifiée d’historique par les partisans du parti APRC confirme pour une quatrième que le président Yaya Jammeh demeure l’homme fort de Banjul, malgré les dénonciations des organisations internationales des droits de l’homme.

L’opposition rejette les résultats

Aussitôt après la proclamation des résultats par la CEIG, l’opposition est montée au créneau pour dénoncer ce qu’il considère comme un « hold- up » électoral.  «Nous n’acceptons pas ses résultats pré- fabriqués par le pouvoir, loin de refléter la réalité du terrain » a commenté l’opposant historique Ousseinou Darboe à travers les ondes de  la BBC Afrique,  vendredi 25 novembre.

Le locataire du State House, Yahya Jammeh qui a toujours minimisé la représentativité  des deux candidats en lice durant ses meetings dans le pays basait sa rhétorique électorale sur les infrastructures. «Les Gambiens savent que je suis le meilleur pour eux. Au moins j’ai réalisé des infrastructures, apporté de l’eau et de l’électricité mieux que les colons britanniques »

Boycott de la Cedeao

Fausse note majeure cependant, ce scrutin présidentiel qui a connu un taux de participation de 83% a été boycotté par la CDEAO qui a décidé de ne pas envoyer d’observateurs à Banjul. Une position qui laisse de marbre un  président Jammeh convaincu d’être investi d’une mission historique.   Selon plusieurs observateurs à Banjul, la résidence de l’opposant historique, Darboe Ousseinou,  était placée sous haute surveillance militaire dans l’après midi du vendredi dernier jusqu’à tard dans la soirée.

 

Par Ismael Aidara

 
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