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Législatives Maroc : c’est le jour j Version imprimable
25-11-2011
Plus de 13 millions sont appelés à voter aujourd’hui pour élire le premier parlement  post nouvelle constitution. Le scrutin est suivi par 4 000 observateurs. Les pronostics vont bon train.

Tôt ce matin, les files ont commencé à se former dans les bureaux de vote des quartiers populaires et du centre de ville de Casablanca, capitale économique du Maroc et locomotive de ce pays de 35 millions d’habitants en croissance rapide depuis dix ans. Plus de 4 000 observateurs ont été accrédités pour ce scrutin qui a valeur de test suite à l’adoption de la nouvelle  constitution en juillet dernier.  Si de nombreux analystes voient dans le Parti Justice et Développement (PJD, islamistes modérés), le visage du prochain vainqueur, à Rabat et à Casablanca, les commentaires sont moins catégoriques : «Non, le Maroc n’est pas la Tunisie. Il n’y a pas de danger islamiste. La Tunisie vient de découvrir le pluralisme politique », répond  à l’AFP le ministre de la communication, Khalid Naciri, membre du parti du progrès et du socialisme (PPS).

 Il est peu probable, indique le ministre, qu’une forte majorité se dégage à l’issue de ce vote : «le jeu n’a jamais été aussi ouvert, et le parti le plus puissant ne dépassera sans doute pas les 16 à 18%. Une vision partagée par le constitutionnaliste  Omar Bendourou, professeur à la faculté de Rabat : «Le PJD peut prétendre à être le premier. Mais même s’il dirige le gouvernement, l’exécutif se fera autour d’une coalition ».

Autrement dit, si le PJD arrive en tête, il devra trouver des alliances fortes pour gouverner. L’Istiqlal, figure de proue du pôle libéral marocain, avec des cadres qui ont participé au succès économique de ces dix dernières années, serait-il dans le cas de figure qui le voit premier ou second, derrière ou devant les islamistes, prêt à s’allier avec l’islamo-libéral ? Ce sera l’une des clés de ce scrutin qui se jouera entre cette matrice conservatrice (PJD, Istiqlal) et libérale, et un pôle large incluant les progressistes USFP, PPS) et la coalition des 8 partis formés autour du tandem PAM-RNI, plutôt libéral et centriste.  

Au-delà de la couleur du vainqueur, l’autre enjeu reste le taux de participation. L’appel au boycott lancé par les islamistes radicaux, certaines franges du mouvement du 20 février ainsi que quelques groupuscules de la gauche radicale sera-t-il entendu par les marocains  sachant que le même appel, émis lors du référendum du 1 er juillet dernier, n’avait pas empêché un nombre record d’électeurs d’aller vote.

A noter que lors dernières législatives de 2007, seuls 37% des inscrits avaient voté. Les motivations sont certainement différentes cette fois ci puisque selon la nouvelle constitution, le premier ministre sera choisi  dans le parti arrivé en tête des élections. En outre, le chef de gouvernement ainsi que le  parlement disposeront  de plus de pouvoirs.

K. Berrada
 
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