Les contours du match pétroleénergies renouvelables Version imprimable
23-06-2018
L’exploitation et la consommation de ressources fossiles entraînent des conséquences environnementales désastreuses. Les énergies renouvelables ont encore du chemin pour inverser la tendance.
Les contours du match pétroleénergies renouvelables L’exploitation et la consommation de ressources fossiles entraînent des conséquences environnementales désastreuses. Les énergies renouvelables ont encore du chemin pour inverser la tendance.
La découverte de plusieurs champs pétrolifères à travers le monde contenant des dizaines de milliards de tonnes de barils démontrent la place prépondérante qu’occupent actuellement les énergies fossiles. S’il est vrai que de nombreux sites offshores et onshores ne font pas encore l’objet d’une exploitation, la découverte de ces gisements gigantesques ne cesse de repousser le fameux «pic oil», ce moment où les réserves mondiales de pétrole décroîtront irrémédiablement. Dans les quatre coins de la planète, l’on a découvert d’importants sites, même si certains seraient économiquement difficiles à exploiter parce qu’il s’agit d’un pétrole lourd, coûteux à produire, ces sites sont pour l’instant en sommeil en attendant d’être réveillé lorsque le prix du baril sera remonté, puisque l’équation économique ne sera plus la même.

Si ces découvertes pérennisent encore un peu plus le modèle de la société basée sur l’exploitation et la consommation de ressources fossiles, les conséquences environnementales sont désastreuses. Le réchauffement climatique entraînant la fonte des glaciers, la banquise, la hausse du niveau des mers, la submersion de territoires, le dérèglement climatique et agricole, etc. Même avec un baril à seulement 50 dollars actuellement contre 120 dollars en 2008, le recours à cette énergie fossile ne se ralentit pas, au contraire. Un prix si bas mais qui, paradoxalement, n’incite pas à investir dans de nouvelles énergies souvent plus coûteuses à l’investissement mais bien plus vertueuses pour l’environnement.

Un danger pour la terre
Les experts du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) soutiennent que l’humanité ne peut plus se permettre de rejeter dans l’atmosphère autant de gaz carbonique. Selon les études, la limite haute serait de 1 000 milliards de tonnes de ce gaz à effet de serre. Or, si on devait consommer tous les hydrocarbures et le charbon encore présents dans le sous-sol de la Terre, cela conduirait à la libération de 3 000 milliards de tonnes de CO2 environ. Des chiffres qui passent du simple au triple, ce qui serait insoutenable pour le climat et pour les habitants de la Terre. Par ailleurs, au-delà de l’effet de serre, s’ajoutent d’autres conséquences néfastes pour l’environnement du fait de l’exploitation des gaz et pétroles de schistes par la méthode de la fracturation. Et pour cause, des milliers d’hectares à proximité immédiate de ces puits deviennent inexploitables sur le plan de l’agriculture favorisant la diminution des surfaces agricoles.

Selon l’agence internationale de l’énergie (AIE), d’ici 2021, les énergies vertes assureront 28 % de la génération électrique. L’AIE vient en effet de revoir ses prévisions en les relevant de 13 %. Conjointement les énergies solaires, éolienne, hydroélectrique, bioénergie… atteindront une production de 825 gigawatts en 2021. Comparé à aujourd’hui, il s’agit d’une augmentation de 42 % ! Les experts mettent en avant la forte baisse des coûts dans ce secteur des énergies renouvelables associée au fort soutien des pouvoirs publics dans certains pays notamment en Europe, aux USA, en Inde et au Mexique. Ce mouvement vertueux désormais enclenché ne pourra qu’être encouragé avec l’entrée en vigueur de la COP 21. L’accord mondial sur le climat est déjà en cours de ratification par les États- Unis, la Chine (les deux plus gros émetteurs mondiaux de gaz à effet de serre), l’Union européenne, etc. Dans le sillage de ce cycle pro-environnemental, les grandes firmes de l’énergie ont enclenché une mue à marche forcée.

Inconvénients
Pour des observateurs l’on ne peut se féliciter « que des grands groupes montrent le chemin ne peut que faire accélérer le changement de mentalité». Et cette bonne conduite environnementale devient déjà un argument commercial. Cette démarche commerciale permet de conquérir des clients supplémentaires. Rien ne semble pouvoir endiguer cette déferlante d’énergie verte. Les énergies renouvelables ont détrôné le charbon en 2015 en termes de capacité de production cumulée installées dans le monde. Pour la première fois dans l’histoire de l’énergie, les sources dites vertes installées en 2015 ont représenté 55 % des nouvelles capacités de génération d’électricité. Ce sont essentiellement l’éolien et le photovoltaïque qui ont tiré la croissance du secteur. Le solaire a profité d’une baisse de 70 % du coût des modules photovoltaïques qui a permis d’équilibrer la rentabilité de ces installations. La baisse de ses équipements devrait encore se poursuivre sur un rythme de 25 % d’ici 2021. Dans l’éolien les coûts se sont effondrés de 30 % en cinq ans.

La montée en puissance des parcs de véhicules électriques dans les pays occidentaux va accroître la demande en électricité. Toutefois les énergies renouvelables présentent encore des inconvénients. Leur production par intermittence soumise aux aléas climatiques pose encore des problèmes aux producteurs d’électricité sans oublier que l’injection de cette électricité dans le réseau pose de sérieux problèmes d’équilibres. Pour pallier ce caractère erratique, les industriels travaillent au développement de solution de stockage. Or l’électricité se stocke mal d’où l’idée de construire des centrales plus petites, à la différence des grands ensembles nucléaires, plus près du consommateur et qui offre des coûts d’exploitation moins élevés.

Sylvain Eka
 
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