Les dirigeants africains comprennent-ils leur mission ? Version imprimable
16-07-2018
Extraits de l'éditorial paru dans le magazine Les Afriques numéro 386, signé Abderrazzak Sitaïl, directeur de la publication.
ABDERRAZZAK SITAÏL, DIRECTEUR DE PUBLICATION
Abderrazzak Sitaïl, Directeur de publication, Groupe Les Afriques


On ne le dira jamais assez. Malgré d’énormes potentialités, le continent africain fait face au problème du développement. Ces dernières années, l’Afrique connaît une croissance forte, dont le taux annuel est le plus élevé au monde, après le continent asiatique. Il n’y a qu’à voir le tableau illustratif des dix pays ayant le taux de croissance le plus fort :
Ethiopie 7,5% ; Côte d’Ivoire 6,9% ; Sénégal/ et Tanzanie 6,8% ; Ghana 5,8% ; Kenya 5,3% ; Ouganda 5,0% ; Madagascar 4,5% ; Maroc 4,4% ; Soudan/ et Cameroun 3,7% ; Egypte/ et Zambie 3,5%.

Mais au-delà de cette croissance, le développement a du mal à suivre, puisque 80% des Africains vivent sous le seuil de la pauvreté. Si le progrès social a été entaché par des conflits, il y a lieu de constater que les choses s’améliorent peu à peu sur ce plan, un niveau appréciable de résolution de conflits qui pourrait a priori booster le développement. Reste l’autre écueil, le terrorisme qui a déstructuré la société, occasionnant davantage un retard sur le développement humain et infrastructurel.

Mais au-delà des causes exogènes comme le terrorisme, les dirigeants africains mesurent-ils réellement le poids de leurs missions à la tête de leurs pays ? Répondre de manière efficiente à cette interrogation serait déjà résoudre plus de la moitié des difficultés que connaissent les Africains. En effet, les dirigeants du continent ont une maladie quasi incurable, la longévité au pouvoir. Ils en n’ont fait une obsession, et ne travaillent finalement que pour cela. S’éterniser au pouvoir, se partager des richesses entre privilégiés, puisque ces gouvernants ne soucient pas des problèmes vitaux de leurs populations.

Résultat des courses, beaucoup d’Africains n’ont droit ni à l’éducation, ni à la santé, ni à l’emploi. La mauvaise gouvernance, étant le mode de gestion de la cité, l’on ne se soucie pas de faire le moindre bilan, la corruption est devenue la chose la mieux partagée, ce qui a pour effet de décapiter et d’annihiler l’opposition et la société civile, devenues atones, face à la « nourriture » que leur propose le pouvoir. Ceux des opposants qui tentent de résiste subissent toutes sortes de pression pour lâcher prise. Avec des élections manipulées, quand bien même il y a alternance, on n’a le sentiment que les dirigeants ont les mêmes caractéristiques, c’est-à-dire, que les nouveaux venus prennent généralement le mauvais coté de leurs prédécesseurs. Malheureusement, le peuple tétanisé a du mal à lever la tête et prendre son destin entre ses mains...

La suite à lire dans le numéro 386 du magasine Les Afriques.

Abderrazzak Sitaïl, directeur de la publication
 
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