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Après Londres 2012, ce sont Madrid, Rio, Chicago et Tokyo qui se
disputent l’organisation des jeux en 2016. La première candidature
africaine qui peut espérer réussir ? Pas avant 2024.
Par Ihsane El Kadi, Alger
L’image de la cérémonie de clôture des Jeux
Olympiques de Pékin, des drapeaux chinois et britannique côte à côte,
tombe comme un inaccessible badge d’accréditation. Pour organiser les
jeux, il faut afficher un PIB à quatre chiffres… de milliards de
dollars. Le monde se dépolarise affirme le tableau des médailles des
jeux qui viennent de se terminer : 25 nationalités différentes sur le
podium du judo, réservé il y a vingt ans à six ou sept nations, ou
encore moitié moins de médailles d’or aux Etats-Unis en athlétisme
qu’il y a quatre ans. Mais le jeu se referme brusquement lorsqu’il
s’agit de l’organisation des jeux.
Standards élevés
Le CIO a bonne conscience. Il a un cahier des charges. Pour le
satisfaire jusque là, il fallait s’appeler Pékin, Sydney, Atlanta,
Barcelone, Séoul, Los Angeles, Montréal, Munich…. Quelques intrus dans
le lot : Athènes 2004 pour des raisons qui ne se discutent pas. Moscou
1980 avant la fin des deux blocs, ou encore Mexico en 1968, car il faut
bien consacrer une Nation émergente tous les quarts de siècles.
L’Afrique attendra donc son tour. Ce ne sera ni pour 2012, Londres a
été choisi, ni pour 2016, une échéance vaguement promise à l’Amérique
latine et pour laquelle aucune ville africaine n’est en lice. Le Comité
internationale olympique, CIO, n’a pas adopté comme la FIFA, un
principe général d’alternance des continents pour l’organisation de la
coupe du monde de football, principe déjà remis en cause au-delà de
2014. Les critères d’éligibilité pour accueillir les Jeux Olympiques
d’été se veulent techniquement neutres. Ils placent, en fait, les
standards des infrastructures sportives, de transports, de
télécommunications, d’hébergement, et de rentabilité commerciale à un
niveau tel que seules les grandes mégapoles de pays riches peuvent
concourir. Une demi-douzaine de villes africaines, hors Johannesburg et
Cape Town, espère rejoindre ces standards CIO au terme d’une décennie
de croissance économique soutenue.
Plus qu’une affaire de puissance financière
Le budget de prés de 5 milliards d’euros consacré par Londres pour sa
prochaine organisation des JO en 2012 n’est pas « hors de portée », au
sens strictement financier pour la mise à niveau de l’accueil, même
s’il faudra partir de plus bas pour une grande ville africaine. Cela ne
suffira pas pour en faire des candidatures fortes à l’organisation des
Jeux Olympiques d’été. Les critères d’excellence auront encore bougé
d’ici là, le management des candidatures deviendra encore plus complexe
et onéreux -la candidature manquée de Paris 2012 a coûté 49 millions
d’euros- et les paramètres géopolitiques élimineront encore des
dossiers solides techniquement. En outre, à l’inverse des tournois de
coupe du monde ou de championnat continentaux des nations (Coupe du
monde 2002 Japon-Corée du Sud, Euro 2008 Suisse-Autriche), l’unicité du
lieu pour l’organisation des jeux referme les possibilités. Athènes et
la Grèce, berceau antique de l’olympisme, n’avaient pas la « taille
critique » pour accueillir les Jeux Olympiques, lorsque ceux-ci leurs
ont été attribués, et la tentation était forte dans le CIO de revenir
sur cette décision, pour cause de retard dans la construction des
équipements d’accueil. L’exception grecque se reproduira très
difficilement. Doha (Quatar) l’a déjà appris à ses dépends dans la
course pour l’organisation des Jeux Olympiques de 2016. Elle a été
éliminée, ainsi que Prague (République Tchèque) et Bakou (Azerbaidjan)
par le comité du CIO en charge d’évaluer les candidatures. L’arrière
pays démographique et populaire d’un site d’accueil peut compter autant
que la qualité des équipements ou du niveau de vie du pays hôte. La
liste des villes sélectionnées comme candidates officielles pour 2016
est éloquente à ce sujet : Madrid, Rio, Chicago et Tokyo.
25 nationalités différentes sur le podium du judo, réservé il y a vingt
ans à six ou sept nations, ou encore moitié moins de médailles d’or aux
Etats-Unis en athlétisme qu’il y a quatre ans.
Urgent d’échouer une première fois…
Les
chances de voir les Jeux Olympiques s’organiser sur le continent
africain avant 2024 sont très minces. En 2020, ce sera une des
candidatures malheureuses de 2012 ou de 2016 qui sera choisie. C’est
une règle du milieu. Les dossiers se renforcent après un premier échec,
comme Pékin après l’échec face à Sydney 2000. Prague a annoncé une
candidature pour 2016 et 2020 et Madrid est revenu à la charge aussitôt
après l’échec de 2012 face à Londres. Le chemin parait donc bien long.
Il peut prendre des raccourcis si la coupe du monde de football prévue
en Afrique du sud en 2010 est une réussite commerciale. Mais plus
raisonnablement, le test qui peut conduire aux Jeux Olympiques, pour
une ville et un pays, passe par l’organisation d’une répétition
générale à petite échelle, généralement les championnats du monde
d’athlétisme. Les dossiers de candidature sont sur la table de l’IAAF
tous les deux ans, et toujours pas d’organisation africaine à
l’horizon. L’ambassadeur de Corée du Sud à Alger avait présenté en
2006, une maquette futuriste d’Alger capitale olympique en 2028, avec
pont par-dessus la baie, gratte ciel et firmes sud-coréennes à
l’ouvrage. Les Algériens avaient trouvé la date trop lointaine. Elle
parait presque trop optimiste pour l’Afrique.
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