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Les multinationales des pays émergents, vecteurs de la mondialisation 2.0 Version imprimable
13-06-2008

Sur les 1000 plus grosses capitalisations boursières, 221 viennent des pays émergents. Le cabinet Ernest Young a consacré une étude complète sur ces multinationales venues d’ailleurs.
Le rachat d’une branche d’IBM par le Chinois Levono et, plus récemment, l’acquisition des prestigieuses marques britanniques Jaguar et Land Rover par l’Indien Tata Motors, sont loin d’être des actes isolés. Selon une étude d’Ernest & Young publiée courant mai, les multinationales des pays du Sud sont en forte progression dans l’économie mondiale. En quelque sorte, il s’agit d’une caractéristique de ce que le cabinet appelle la « mondialisation 2.0 » qui, fait nouveau, fait apparaître des entreprises du Sud aux performances comparables à celles de leurs consoeurs du Nord. Selon l’étude, ces multinationales des pays émergents pesaient 19% de la capitalisation boursière cumulée des 1000 entreprises mondiales en décembre 2007, contre 5% en 2000. De même, sur les 1000 plus grosses capitalisations boursières, 221 viennent des pays émergents, contre une centaine en 2000.

La tendance est encore plus forte au sommet puisque l’on compte désormais huit entreprises des pays émergents dans les 20 premières capitalisations boursières mondiales. Reste qu’au cœur de cette dynamique, il y a une fracture entre les pays du BRIC (Brésil, Russie, Inde et Chine), qui pèsent 53% en nombre et 68% en valeur de ces 221 entreprises des pays émergents figurant dans le top 1000 mondial. Les indicateurs fournis par l’étude laissent apparaître une accélération de ce rééquilibrage entre les pays émergents et le monde développé. Ainsi, sur les cinq dernières années, le chiffre d’affaires des groupes de l’échantillon pays émergents s’est accru de 2,9 fois plus vite que celui du groupe des pays industrialisés. Tendance analogue en ce qui concerne la marge opérationnelle, en croissance de 25% chez les émergents contre 14% dans le monde développé. La bourse reproduit ce rapport en faisant progresser 2,5 fois plus vite le cours de l’échantillon des entreprises des pays émergents.

 

Trois catégories
Il y a d’abord et naturellement les géants issus des secteurs de l’énergie et des mines, comme les Russes Gazprom, Rosneft et Lukoil, les Brésiliennes Vale et Petrobras, et les Chinoises Petrochina et Sinopec. A un palier inférieur vient un groupe de multinationales déjà très implantées à l’international, réalisant pour la plupart une majorité de leur chiffre d’affaires hors de leur marché d’origine. Les nationalités de ces entreprises sont brésilienne (Embraer, Gol, Gerdau), russe (Severstal), indienne (Ranbaxy, Infosys, Reliance Industries), chinoise (ZTE, Lenovo). Le monde arabe est représenté à ce niveau par l’Arabie saoudite (SABIC), et la Corée du Sud par Hyundai Motors et Samsung Electronics.

Il y a à côté de ces catégories une troisième constituée de géants nationaux encore peu implantés à l’international et réalisant l’essentiel de leur chiffre d’affaires sur leur marché d’origine. Ces entreprises sont toutefois appelées, du fait de leur taille et de leur pouvoir financier, à aller vers des marchés nouveaux. L’on peut citer Bradesco (Brésil), Sberbank (Russie), Tata Steel (Inde), Tata Motors (Inde), ICBC (Chine) ou encore Grupo Modelo (Mexique). « L’analyse par sous-groupes confirme que les performances opérationnelles et financières des entreprises des pays émergents sont en moyenne proches ou supérieures à celles de leurs principaux concurrents originaires des pays développés ».

A.W.

 
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